L'Enéide est une oeuvre étonnante, en cela qu'elle n'appelle aucun commentaire. Epopée des Troyens, fondation de Rome : l'Enéide est un fait. Tout juste se borne t-on à considérer Virgile comme étant à la fois l'inventeur de l'antiquité gréco-romaine, et son champion. L'inventeur, car il est celui qui conceptuellement, littérairement et indirectement politiquement, a construit le gréco-romain, en bouturant la civilisation romaine sur la grecque. Si bien que lorsque Dante entrepris d'en faire de même avec Jérusalem et Rome, c'est de Virgile dont il se fit un maître et un guide. Passage de témoin entre le monde romain et celui du Christ, éclairant les anciens par l'Evangile, avec cette déférence hégélienne qui veut que dans la téléologie du savoir absolu, qui forme un cercle comme chacun sait, chacun se retrouve à la même distance de son centre, et que chaque moment de cette orbite de l'histoire de l'Esprit possède en soi la même haute valeur en tant, toujours, que passage. Nous n'avançons pas sur les barreaux d'une échelle, prenant à chaque mouvement de la hauteur sur les anciens, mais selon un chemin circulaire, nous permettant de contempler les différentes facettes d'un paysage. Et ce chemin, Virgile nous en a offert un large panorama. (En fait, il semblerait que de ce chemin de ronde, les derniers mètres soient les plus difficiles. Et nous peinons. Peut-être parce que nous fûmes présomptueux et qu'il n'y a rien à clore)
Virgile n'est pas très juif. Il ne commente pas, et ses chants ne prêtent pas à commentaires. Ce qui rend difficile ma tâche, c'est à dire l'établissement de cette notule. A peine trouve-t-on un peu de drôlerie dans ceux de Jean-Yves Maleuvre, qui semble voir dans certaines Odes d'Horace, ainsi que chez Ovide des allusions au meurtre de Virgile par Auguste, rompant ainsi avec la tradition qui présente Virgile comme l'apologiste du pouvoir augustinien. Selon Maleuvre, Virgile serait un rebelle et ses textes truffés, au sens allégorique, d'attaques contre la politique augustinienne. L'histoire officielle ne serait ensuite qu'une fable, voulant faire croire que Virgile est mort d'insolation, et qu'Auguste est son mécène et son Max Brod. L'homme ayant refusé de jeter aux flammes son poème, comme le lui aurait commandé le poète. Mais pour cela, il faut faire une lecture ésotérique de l'Enéide. Et L'Enéide est absolument réfractaire à la pensée exégétique judéo-chrétienne. Il n'y a pas de sous-Enéide, il n'y a pas de sens caché. La doctrine des quatre sens de l'écriture ne s'y applique pas. Nous sommes alors encore dans un temps pré-prophétique, le Christ n'est pas encore mort, ni ressuscité, tout juste né. Il n'y a pas de temps même. L'Enéide est le récit d'une fondation, fondation d'un empire éternel, statique dans sa puissance absolu. Et cette idée qu'il existe un sens allégorique, ou mystique, derrière chaque phrase, n'a justement aucun sens. Lorsque Palinure meurt noyé, il meurt, noyé. Il n'y a pas de mystère derrière ça. Un Dieu est à l'oeuvre : Poséidon, qui l'a décidé ainsi, comme tribut arbitraire, brutal. Les Dieux parlent clairement : ils disent, va-là bas, prend cette femme. Ils ne parlent pas en paraboles. Maleuvre a beau aligner les allusions, les coïncidences, il ne fait que jouer sur le principe de confusion qui est la marque de toute littérature complotiste - ici le complot d'Auguste contre Virgile -. Troubler une eau clair, en y agitant la vase reposant au fond. Elle n'y reposait pas sans raison. Ainsi fait-il mal oeuvre.
"Il dit, bande sa force, et jette au but son fer" IX, 410
S'il existe un sens de l'écriture chez Virgile, c'est bien celle de la brutalité du fait. Nous avons donc affaire semble-t-il à un texte rustre, une épopée plate et sans attraits. A peine s'égaiera-t-on du chant IV évoquant les amours de la veuve Didon et Enée le falot. Le chant VI présente lui aussi quelques attraits évidents au lecteur moderne, puisqu'il propose la première topographie écrite des Enfers, qui sera largement reprise et interprétée par Dante. Mais le lecteur moderne sera facilement désarçonné lorsqu'il s'agira d'aborder les rives du Latium, et l'évocation de la guerre qui opposera Troyens et Latins. Le texte ne s'enlise-t-il pas ? Dans cet énumération de morts, d'actions sauvages, six chants d'une difficile guerre, contrastant avec la diversité des aventures de la première partie. La présentation de l'Enéide de la collection Garnier Flammarion est un catalogue très complet des reproches du lecteur contemporain à Virgile. Cette présentation comporte une interview de Laurence Plazenet, romancière, intitulée « Pourquoi aimez vous l'Enéide ? », question déclinée pour chaque oeuvre antique de cette collection. Si les termes emphatiques de « perfection », « éblouissement » sont bel et bien convoqués, Plazenet marque un certain nombre de réserves. Tout d'abord la seconde partie, « répétitive », où « le champ se rétrécit. » Ce qui condamne une bonne moitié de l'oeuvre. Elle n'aime pas la fin non plus, cette fin où Enée en rage tue son antagoniste Turnus. Ni Enée lui même, qualifié de « figure falote », jouet du destin. Quand à Didon, lorsqu'elle refuse de saluer Enée aux enfers, elle est « mesquine », et « sa rancune est basse ». Ainsi nous est présenté un livre dont la moitié semble à jeter, où la fin est ratée, et les protaognistes en dessous de tout. Nous en sommes là il nous faudrait poursuivre avec la roborative introduction de Maurice Rat, qui a par ailleurs trouvé judicieux de truffer le texte de 3545 notes de renvois, soit une quinzaine par page. Notes par ailleurs fabuleuse telle la deux mille quatre vingt troisième, que je vous livre ici : « Cf. note 2178 ». De poème l'Enéide devient jeu de piste, demandant une dextérité digne des livres dont vous êtes le héros. Le texte se fait ligne de code absconse, je vous lis par exemple le premier vers du septième chant : « Toi aussi mille six cent soixante-neuf, nourrice d'Enée mille six cent soixante dix, tu as légué en mourant ô Calète mille six cent soixante et onze, une éternelle renommée à nos rivages mille six cent soixante douze ». Essayer de ne pas consulter ces renvois. Tentation permanente, curiosité impérieuse et déception systématique.
Comprenons ici que pour l'accès au texte, le choix de l'édition est primordial. Si L'Enéide n'a pas suscité de commentaires, il n'en ai pas même pour ses traductions. Comme si le sens comptait moins que la langue. Personne ne discute de savoir pourquoi Enée a abandonné Didon, mais plutôt comment rendre l'hexamètre dactyliques. C'est que le sens est si clair que rien ne saurait l'éclairer davantage.
Traduire, c'est donner à une âme un autre corps disait Baudelaire. Epreuve de métempsychose, chaque nouvelle traduction comme tentative de redonner un corps vaillant à Enée, tel que celui-ci se présente face à Didon. Ainsi « le nuage se déchire et fait voir Enée debout, resplendissant, illuminé, face et épaules d'un Dieu. Sa mère avait d'un souffle peigné ses beaux cheveux, mis sur lui l'éclat du pourpre de la jeunesse, et dans ses yeux joie et noblesse (I, 588) ». Voilà la tâche du traducteur : disperser la brume déposé par les âges et rendre à la figure d'Enée sa clarté première.
Chaque traducteur comme une nouvelle mère pour Enée, le mettant au monde génération après génération. Elles ne partagent pas pour lui les mêmes ambitions. L'écart est vertigineux entre Maurice Rat, qui réécrit Virgile dans la langue de Racine (« Cependant sur le dos de la plaine liquide / S'élève à gros bouillons une montagne humide » ), et Klossowski qui propose une traduction littérale et dans l'ordre latin, bref d'une version en Klossowskien, qui mériterait elle même une traduction en français. « Les armes je célèbre et l'homme des troyennes rives, en Italie, par la fatalité fugitif, est venu au Lavinien ». Plus récente celle de Paul Veyne, dont l'ambition était de rendre à l'Enéide son caractère amusant, ce qui n'était pas tout à fait dans le cahier des charges. A son crédit l'idée de déblayer le texte de ses notes de bas de pages, qui ralentissent la lecture d'une érudition fumeuse et superflu pour la compréhension. Idée que reprend Oliver Sers dans sa magistrale traduction paru aux Belles Lettres, dans une belle édition bilingue bleu. En renonçant à la prose poétique, il rend à chaque vers de Virgile son poids, sa valeur de sentence. Littéral mais lisible, moderne - c'est à dire rendu à notre génération - mais fidèle.
"Bords contre bords, mer contre mer, fer contre fer" IV, 628
Lire, vraiment. Comme le faisait Pétrarque. Dans « Mon secret », j'étais impressionné par la valeur que l'auguste humaniste donnait à chaque vers de Virgile. Une vénération immense, à des sentences paraissant anecdotiques. « Tu étais dans la situation de biens des gens auquel on peut appliquer le vers de Virgile : l'âme reste immuable, et les pleurs coulent inutiles » dit Augustin à François - « Mon secret » est un dialogue imaginaire entre le Saint et Pétrarque -. Plus loin. « Ne me soupçonne pas ainsi. Je sais fort bien que la vie ne peut durer longtemps. « Comment me fier à ce monstre ? » nous dit Virgile. » Pétrarque ne commente pas Virgile. Il use de Virgile pour commenter sa propre vie. S'il s'agit d'évoquer sa passion pour Laure, il évoque ce vers, « Didon fut stupéfaite ». Encore une fois, l'Enéide n'est pas une oeuvre à mystère, un langage qu'il s'agirait de déplier. C'est le langage même, qui permet de déplier notre propre psyché. Ou alors c'est le mystère même du langage, en tant qu'il soit capable ainsi de nous déplier. C'est la poésie même, capable de cela. Que reste-t-il ? Sinon l'apprendre par coeur, comme nous apprenons une langue étrangère. « Juvénal nous décrit les écoliers de son temps allant suivre les cours des grammairiens, en portant sous leur bras une Enéide inscrite au programme » nous rapporte monsieur Rat. Plus étrange : il sert d'oracle divinatoire, ouvert au hasard, il guide les pas. Je continue de rapporter des éléments de l'introduction de monsieur Rat, qui démontre évidemment que l'érudition a aussi son importance. L'Enéide est imitée, citée par tous les maîtres de l'éloquence. Il devient un genre en soi : c'est la Thébaïde de Stace, l'Africa de Pétrarque, La Jérusalem Délivrée de Tasse, Rolando Furioso de l'Arioste, la Franciade de Ronsard. « O Virgile, ô poète, ô mon maître divin » dit Hugo. Tous veulent refonder Troie en leur pays. Chrétien de Troyes écrit dans Cligès ; "Ce nous ont nos livres appris que la Grèce eut en chevalerie grand renom autant que de science. Puis vint la chevalerie à Rome et avec elle grande somme de savoir qui est maintenant passée en France. Dieu donne qu'elles y soient retenues, qu'en ce lieu le séjour leur plaise et que jamais ne sorte de France la gloire qui s'y est arrêtée !". D'Homère et Virgile à Chrétien, Achille devient Enée qui devient Perceval, la littérature est une corde tendue à travers les siècles. Frédégaire introduit le personnage de Francion, frère d'Enée, et en fait le fondateur des Francs, qui prennent donc une ascendance troyenne. Plus fort encore, lorsque les Troyens deviennent eux-même d'origine gauloise, avant que Troie détruite, ils ne reviennent en Gaule, leur mère patrie. Joie d'érudits, Virgile dispersé en milles éclats vif argent à travers toute notre littérature. « Or se' tu quel Virgilio e quella fonte / che spandi di parlar si largo fiume ? »(« es-tu donc ce Virgile et cette source / qui répand si vaste fleuve de langage ? » écrit Dante au chant I de l'Inferno.
Parvenu au dix millième caractère de cette notule, nous pouvons désormais, en dehors de l'inspiration créatrice, recenser deux attitudes face au texte de Virgile : la traduction ou l'érudition. Réécrire le texte dans sa propre langue, parce que c'est un plaisir que d'écrire de beaux vers. Ayant été un latiniste peu méritant, je vous dispenserais de ma version. Me reste l'érudition, domaine dans lequel je n'aurai pas grand chose à apporter à deux millénaires d'analyses techniques de l'oeuvre. Je me contenterai donc d'une topographie rapide de ce « fleuve de langage ». Il n'est pas bien compliqué de remarquer que l'Enéide comporte deux parties, deux parties se rapportant pièce pour pièce à l'Iliade et à l'Odyssée. L'épopée commence au moment de la destruction de Troie, et narre l'Odyssée qui les mènera jusqu'en Italie, où Rome sera fondé, au terme d'une bataille « homérique ». L'ordre est donc ainsi renversé, puisque l'épopée d'Homère débute par l'Iliade, victoire grec, qui devient pivot et événement fondateur de leur déroute. Agamemnon tué par sa femme, Ménélas échoué en Egypte, et surtout donc le rusé, l'ingénieux Ulysse, galèrant à rejoindre Ithaque. Dans l'Enéide, les rapports s'inversent. La catastrophe initiale est élan vers un destin impérial. En miroir, Ulysse n'est plus le rusé Ulysse, mais l'implacable, le fourbe, le maitre inventeur de crimes, l'impitoyable, l'odieux, le cruel Ulysse. Par mimétisme, Enée suit ses pas, et Virgile écrit dans ceux d'Homère, reprenant le même procédé d'énonciation : un discours à la première personne, Enée racontant à la cour de Didon ses aventures, tout comme Ulysse chez le roi Alcinoos. Il raconte les cyclopes, où il rencontre un grec abandonné par Ulysse lors de sa fuite, les harpyes, Charybe et Scylla, et même les « récifs des sirènes, difficiles jadis, blancs de maints ossements, Au loin, rauques, sonnaient les rocs battus des vagues ». Mais partout où Ulysse se comporte comme un soudard, éborgnant Polyphème, massacrant les boeufs d'Hélios, jouissant du chant des sirènes, Enée agit avec mesure. Les harpyes, « visage virginal, ventre aux puantes fientes, Corps d'oiseau, mains griffues, et face toujours blême de faim », si elles sont d'abord chassés, les troyens par la suite s'en excuse, promettant des sacrifices aux Dieux. Les cyclopes sont respectés. Ulysse est coureur, partout il chante qu'il veut rejoindre sa femme, ce qui ne l'empêche pas de coucher avec Circé, de séduire Nausica et de vivre sept ans avec Calypso. Elles s'en plaindront sommairement, le sujet n'intéressant pas Homère. Enée, après avoir perdu Créuse sa femme légitime et mère de son enfant, aura une unique aventure, avec Didon. Qu'il ne lâchera pas pour retourner chez sa femme, tel Ulysse pris de remords pour son adultère - qu'il justifiera ensuite par quelque potion, accusant ses maitresses d'être des magiciennes l'ayant ensorcelés avec leur philtres d'amour -, mais pour accomplir son destin, fonder une nouvelle Troie, c'est à dire Rome. Didon, folle d'amour accaparera un chant entier à sa douleur. L'Odyssée s'achève par le brutal massacre des prétendants, Enée par un duel héroïque, après avoir maintes fois appelé à la paix. Ulysse est le mauvais garçon, Enée un honnête homme. Voici dessiner à gros traits ce rapport, qui se déplie jusque dans les plus infimes détails. N'étant pas doué pour l'ordonnancement des discours, je cesse là ces considérations.
"Euryale en la mort roule, et sur son corps si beau le sang coule, et son chef ploie." IX 434
Homère présentait un récit équilibré entre les malheurs grecs et troyens. Virgile écrit clairement du côté des victimes. L'Enéide s'ouvre la description du sac de Troie, et donne à admirer une série de visions fabuleuses. « Réfugiée, silencieuse, en un recoin secret, Je vis Hélène : l'incendie éclairant tout, Mes yeux partout errant pouvaient voir toutes choses. Craignant, Pergame à bas, la haine des Troyens, Le châtiment des Grecs, et du mari quitté, La fureur, l'Erynis funeste aux deux patries, Près des autels assise, invisible, se cache. » Il pense punir la scélérate, mais aussitôt sa mère, Venus l'en dissuade, lui dit : « N'accuse ni Pâris, ni d'Hélène de Sparte la beauté détestée : les dieux, oui, en leur rigueur, font choir l'empire et de son haut jettent bas Troie ! ». Comme si Enée pressentait déjà le Lévitique et son commandement, « tu renonceras à la vengeance ». Virgile le met en scène, c'est son unique discours politique : la guerre engendre un spirale de misères, la paix partout doit prévaloir. Vision encore, rendu par les mots de Venus, de la chute de Troie : « Là, vois ces blocs disjoints, ces rocs à d'autres rocs, Arrachés, ces fumées où roulent des poussières, C'est Neptune extirpant, déracinant la ville, Cognant de son trident ses murs depuis leur base ». Alors à Enée « apparaissent alors les figures cruelles des Dieux puissants attaquant Troie », vision terrible. Ces Dieux sont Junon, l'impitoyable mégère qui s'acharnera contre le destin Troyen. Poséidon, en colère contre tous. Pallas l'orgueilleuse. Du côté troyen, et ce déjà chez Homère, c'est Phébus Apollon - Dieu du soleil, de la poésie, de la médecine - Venus, Titanide de l'Amour. Entre grecs et troyens, les qualités sont donc bien répartis. Virgile a choisi son camp, celui de l'amour et de la poésie.
Maints autres épisodes d'exceptions suivent. Une chance, il est inutile de les énumérer : tout est dans l'Enéide.
« Sa vie crie sa révolte et fuit au fond des ombres » XII, 952 et ultime vers
Enée a un destin, celui de ressusciter Troie. C'est Phébus Apollon qui annonce l'oracle : « Cherchez l'antique mer, Lors la maison d'Enée partout dominera, Et les fils de vos fils et ceux qui naitront d'eux ». Ici la traduction de Sers amène un élément étonnant : « Phébus a dit. Un grand tumulte d'allégresse jaillit, on cherche où sont les cités où le dieu appelle un peuple errant, prescrit son retour ». Tout parallèle avec un autre peuple errant depuis la destruction d'une certaine Jérusalem par Titus n'est pas forcément fortuite. Enée guidant son peuple des rives de l'Asie jusqu'à l'Europe, fondant Rome. Peut-être faut il voir là la raison de la postérité du poète dans l'Occident chrétien. Les périls sont nombreux, et la terre promise est loin, le destin troyen toujours en bute à Junon l'irascible, qui veut tantôt les établir à Carthage auprès de Didon, par les liens de l'amour, en Sicile, en voulant brûler leurs bateaux et provoquer abattement et désespoir. Mais le destin des Dieux, c'est à dire le désir humain triomphera. Les épreuves ne corrompront pas le désir d'Enée, qui ne cèdera jamais en rien. « L'amour triomphe de tout » a écrit Virgile dans les Bucoliques. Et tant pis si Didon ne parvient à prendre place dans ce triomphe. Enée avance. Mais tous ne sont pas Enée. Ceux là périssent en route. Comme son fidèle pilote. « Trop confiant dans le ciel et la mer sereine, sur un sable inconnu tu gis nu, Palinure ! ». Mon vers préféré, que je recopie ici. Le plus grand plaisir que peut donner Virgile, est peut-être tout simplement de le recopier, ligne à ligne.

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