La mort ; des bo buns.
Par une belle journée d’un dimanche de mars, nous promenons les enfants, accompagnés de leurs grands-parents, vantant les charmes du village Belleville. Voici la rue Louis-Bonnet, un attroupement, la police avec son air concerné, ils sont déjà partout le visage dur, il y a un mort allongé sur le sol. Indignation. La ballade est gâchée.
Une autre histoire. Une fille de gendarme prend un appartement donnant sur le square Gardette, 11ième arrondissement de Paris. Le quartier est-il sûr ? Oui, absolument lui répond l’agent immobilier. Le lendemain matin en ouvrant ses fenêtres, un cadavre les bras en croix, un pauvre suriné par une autre de ses connaissances, un errant tout comme lui. Nom et visage inconnu. Il y aura-t-il une enquête ? Pas d’identité, pas d’adresse, témoins anonymes, sans domicile, déjà loin. Un rapport de médecin légiste, des effets personnels dans une boîte et l’indignation de la fille du gendarme. Et cette histoire de l’indignation de la fille du gendarme, rapporté par un autre de ces agents immobiliers. Maigre écho pour une mort.
Rue Louis-Bonnet, il s’appelait Medhi, il fut dit-on assassiné par un ami. Une amitié mise en parenthèse le temps d’un coup de couteau. La rue Louis-Bonnet est célèbre pour ses crimes, du moins dans mon imaginaire. Depuis la place de Belleville, elle s’enfonce dans le 11ième arrondissement, dans le quartier de l’Orillon. Bien que le 11ième soit censé être l’arrondissement le plus chic des quatre formant Belleville, il en est la part la plus sombre, la plus dangereuse. Le côté 10ième était bien construit, le 19ième fut intégralement rasé, le 20ième réhabilité, le 11ième : rien. C’est le quartier de l’Orillon. Les médias imputent le crime à une histoire de drogue, mauvaise réputation du quartier, des dealers.
Une autre histoire. Une fille de gendarme prend un appartement donnant sur le square Gardette, 11ième arrondissement de Paris. Le quartier est-il sûr ? Oui, absolument lui répond l’agent immobilier. Le lendemain matin en ouvrant ses fenêtres, un cadavre les bras en croix, un pauvre suriné par une autre de ses connaissances, un errant tout comme lui. Nom et visage inconnu. Il y aura-t-il une enquête ? Pas d’identité, pas d’adresse, témoins anonymes, sans domicile, déjà loin. Un rapport de médecin légiste, des effets personnels dans une boîte et l’indignation de la fille du gendarme. Et cette histoire de l’indignation de la fille du gendarme, rapporté par un autre de ces agents immobiliers. Maigre écho pour une mort.
Rue Louis-Bonnet, il s’appelait Medhi, il fut dit-on assassiné par un ami. Une amitié mise en parenthèse le temps d’un coup de couteau. La rue Louis-Bonnet est célèbre pour ses crimes, du moins dans mon imaginaire. Depuis la place de Belleville, elle s’enfonce dans le 11ième arrondissement, dans le quartier de l’Orillon. Bien que le 11ième soit censé être l’arrondissement le plus chic des quatre formant Belleville, il en est la part la plus sombre, la plus dangereuse. Le côté 10ième était bien construit, le 19ième fut intégralement rasé, le 20ième réhabilité, le 11ième : rien. C’est le quartier de l’Orillon. Les médias imputent le crime à une histoire de drogue, mauvaise réputation du quartier, des dealers.
Sous un article écrit le lundi 28 mars 2011 à 8 h 28 min et classé dans la catégorie Meurtre sur le site Libertaland.com, dada nous apprend ceci : « ALLAH OUAKBAR, Allah yara7mou, encore les médiats qui s’acharnent sur un jeune issue des quartiers sensible en salissant sa mémoire…. Sachez, et d’aprés les dire des habitants du quartier, qu’il ne s’agissait pas là d’histoire de drogue ou autre mais de futilité… 2 jeunes qui se sont disputés la veille à cause d’un chien, l’un a mis au K.O l’autre, et ce dernier s’est venger le lendemain, de son humiliation…. UNE MORT GRATUITE!!!!!!!!. »
Sur la gauche, le restaurant Paradis, c’est celui que nous voyons lorsque nous mangeons au Da Lat. Pour ceux qui mangent au Paradis, c’est le Da Lat qu’ils voient. Deux écoles rivales, séparées par la rue Louis-Bonnet. Da Lat est une ville du Viet Nam, ses serveurs sont cambodgiens. Attablé contre la baie vitrée, je regarde les lumières rouges du Paradis et je souhaite ne jamais quitter ce quartier. Je conseille le restaurant pour sa rôtisserie et pour ses soupes. Sa cuisine est commune avec celle du Président, le restaurant en étage qui préside Belleville. De manière si intimidante, avec son lettrage de feu, que je n’ai pas encore osé y allé. J’ose très peu de choses de toute manière. Le Da Lat est le jumeau rachitique du Président. L’un est en étage, l’autre en rez de chaussée. L’un donne sur la rue Faubourg du Temple, l’autre sur la rue Louis Bonnet . L’un par un escalier majestueux, colonnades et dragons de pierres. L’autre par une porte en verre. L’un est un restaurant chic, l’autre une cantine. Mobilier bordeaux vieillot, un sol de marbre, des miroirs sur les murs ainsi que sur les colonnes. Le chauffage y a été installé il y a deux ans. Auparavant, en hiver, on y mangeait en bonnet.
Trois plats. Le Bo Bun Cha Gio, la soupe de nouilles au canard laqué, et « N3 », qui est la soupe Pho Taï sans boulettes. Et trois fois le principe est le même : unité. Nems, boeufs sautés sur salade verte de concombres, ou canard laqué plongée dans une soupe de nouilles, ou encore boeufs, nouilles, soja, citron menthe dans une soupe. Tous dans le même bol, nord et sud, ensemble.
Trois plats. Le Bo Bun Cha Gio, la soupe de nouilles au canard laqué, et « N3 », qui est la soupe Pho Taï sans boulettes. Et trois fois le principe est le même : unité. Nems, boeufs sautés sur salade verte de concombres, ou canard laqué plongée dans une soupe de nouilles, ou encore boeufs, nouilles, soja, citron menthe dans une soupe. Tous dans le même bol, nord et sud, ensemble.
Plus bas le Tin Tin, qui a un nom rigolo évoquant Hergé, la Belgique et le Lotus Bleu, à la fréquentation plutôt blanche, et qui sert un bon poulet croustillant du chef (du poulet, du croustillant, de la sauce secrète du chef). Dans une configuration évoquant ces puzzles où pour reconstituer une image il faut en déplacer bloc après bloc les différents éléments, sachant qu’il n’y a qu’une place vacante pour mouvoir l’ensemble. Mieux vaut ne pas avoir envie de se lever pour prendre l’air. En face, son alternative, le Dong Huong, qui a la particularité d’avoir été construit dans un hall d’immeuble. Double porte et sas thermique, première salle tout en longueur, second hall contiguë, avec encore plus loin, ce qui semble être une loge de gardienne réaménagée avec des tables et des chaises. La cuisine occupe le local à vélos, mais l’ensemble soigneux n’en laisse rien deviner. De l’extérieur le Dong Huong semble diffracté, métastasant le long de tout le rez de chaussée de l’immeuble. Pour mémoire citons le Panda Belleville au nom amusant – qui mange du panda ? -, et le Hoa Hung, qui sert des sandwichs vietnamiens – un Bo Bun dans une baguette -.
La rue Louis-Bonnet fonctionne pour les estomacs en vacance tel un jeu de tower defense. Les premières tourelles en assomment la plupart. C’est la ligne de front, tenue par le Da Lat et le Tin Tin. Tandis que celles situées à l’arrière ne sont jamais ou presque sollicitées, sauf en cas de grosse vague. Ainsi le Pho 15, situé au 15 rue Louis Bonnet et le Pho 13, situé au 11, sans compter Au poivre de Sengzhou, délaissé. La rue de la Présentation sépare en deux la rue Louis-Bonnet. Au croisement, le Barathème, que je ne m’aviserai pas de photographier, eu égard à la faune qui y tient le trottoir. Plus loin, une série d’hôtels et d’immeubles murés, en cours de démolition. Moi même en empruntant cette rue récemment je fus surpris de sa relative tenue, comparativement à mes souvenirs. Nous recherchons certains endroits, bars surgis du fond des temps, rues glauquissimes, mais les voilà évanouis, évaporés.
Une dizaine de coups de feu tirés, une poursuite dans le métro, le quartier bouclé, les sirènes de pompiers. C’était encore une fois rue Louis-Bonnet, un samedi soir. Le dimanche midi par contre c’est Da Lat en famille.
Une dizaine de coups de feu tirés, une poursuite dans le métro, le quartier bouclé, les sirènes de pompiers. C’était encore une fois rue Louis-Bonnet, un samedi soir. Le dimanche midi par contre c’est Da Lat en famille.

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