mercredi 2 mai 2018

Trappes ::: Villes nouvelles (2)

trappes


Il me semble lutter contre un labyrinthe de buissons. Dans la ville solitaire les rues sont délaissées, les jardins gardés secrets. Derrière de hauts buissons. Un port pour les hommes aspirants à devenir une île, s'agglomérant en archipel, le tout se noyant dans le flot des automobiles. Quelques passerelles permettent de passer de l'un à l'autre (pas toujours).
A mesure que je quittai les parages de Voisins les maisons rapetissaient, jusqu'à devenir, une fois parvenu à Trappes, murées. Il y a le pâté des maisons à 700 milles, juxtaposé à celui des 600 000, puis 500, 400 ce sont les mitoyennes et à Trappes cela ne vaut plus rien.
Dans la forêt seulement des voies courbes, qui incessamment ne cessent de me ramener sur mes pas.

Un lotissement en épingle, clos de buissons partout, je revins encore sur mes pas.
Au-delà des voies, une première tranche de Trappes, des maisons murées, la rue en dents de scie, la gare la mairie, la banque arabe, des femmes voilées. Les cités ne commencent véritablement qu'au-delà de la nationale 10.
Trappes une ville séparée à la fois du dehors et en dedans.

J'avais passé trop de temps déjà à tourner en rond dans les buissons, si bien qu'il ne me restait que trop peu de temps pour visiter ses squares. Depuis l'avenue Marceau je retournai vers la RN 10, le Burger King, que je longeai, écoutant Whole of the moon des Waterboys, sous la pluie, le long de la nationale, les entrepôts industriels, les châteaux d'eau, cette voie de bitume désertée serpentant sous les ponts : chacun son délire, le mien est ce mélange Fallout New Vegas Silent Hill.

Sans trop y penser je repassais sous les voies ferroviaires, un tunnel étrangement aménagé avec ses petites rampes de skate park, quelques krakens sur les murs.... A moins que ce ne soit les Waterboys qui m'enthousiasment follement alors.

Derrière cela Montigny, ramant d'île en île, partout du crépi suintant, partout ça pleure sa laideur. Sur les murs du collège Héléne Boucher ces inscriptions : Laurenne la Lesbienne, Fuck LGBT.

Je suis de ceux persuadés d'entendre Bowie sur les dernières vocalises de Whole of the moon.

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