Architecture de la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines. La Bièvre rattrapée. Ses deux sources, la fausse et la vraie.
Ville pensée avant d'être une ville vécue, et qui pour cela même ne sera sans doute jamais vivante. (il y en a quelques autres des comme ça).
"Le quartier guyancourtois de Villaroy est organisé autour d'un axe symbolique reliant le passé du territoire (l'église de Guyancourt) à son avenir (le Technocentre Renault)" Qui sait vivre autour d'un axe symbolique ? Auprès d'un lac les abords de la rue Franck Loyd Wright, où se tiennent ces cariatides, femmes-colonnes visibles depuis la route, soutenant des immeubles sur leurs épaules.
Une idée mais non une ville.
Une idée... Non un prospectus. Une publicité : un axe symbolique reliant le passé à l'avenir.
Un lac sombre, dans l'axe d'un trombone monumental, un parc rectangulaire, dans le prolongement des cariatides, dans le prolongement du technocentre : une demi-pyramide au milieu des champs.
Ces cariatides justement : certaines, pour des raisons de praticité ont la tête coupée. D'autres la portent dans leurs ventres, visages affleurants, comme l'enfant monstre du Dr Bloodmoney de Philip K Dick.
Ailleurs les ensembles pavillonnaires labyrinthiques d'inspiration triangulaires, en archipel séparées par des avenues bordées de talus - ce sont des villes sans faces -.
A l'extrême nord de la ville, dans ce qui semble être un village playmobil, les noms des rues se déclinent autour de personnages littéraires, - Julien Sorel, Emma Bovary -, sous titré de leurs notices explicatives - Stendhal, Flaubert -. Derrière cela enfin, un chemin s'échappant vers la forêt, les étangs de la Minière, ces retenues d'eaux de la Bièvre.
La Bièvre à Guyancourt prend sa source deux fois : une première à la fontaine des Gobelins, c'est la source originelle et naturelle. Une seconde fois mais pour de faux au parc des Sources de la Bièvre, au sommet d'un escalier de béton signé d'un artiste dont j'oubliai le nom. Mais les bâtisseurs des cathédrales n'étaient-ils pas eux-mêmes restés anonymes. Nulle eau ne s'en échappe plus, l'installation semble hors service. Un peu amont je découvris une place de la Dialectique, composée d'une île noyée d'un mince fond d'eau saumâtre baignant quelques canettes et reliée à la terre par un chemin de béton. Je l'aurai plutôt nommé "perplexité".
A la grande librairie de Montigny ne se trouve aucun Kafka.
Plus bas, les Arcades du Lac signées Bofill attendent toujours la dystopie apocalyptique qui viendra magnifier leur désolation. Vestiges d’une modernité révolue, elles avaient été néanmoins joliment entretenu, figée dans ce temps qui l’avait rattrapé par une décence bourgeoise, ce par quoi elle semblait promise à une certaine éternité. Parmi ces rangées de peupliers, ces pelouses fleuries.







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