De Juvisy vers la Seine
Les berges de Viry-Chatillon, le rendez-vous des pêcheurs
Ne crains point; désormais tu seras pêcheur d'hommes
Derrière la boucle de Seine, la masse noire de Grigny 2,
Là haut sur la butte, au milieu des bois
Je partais au détour
Vers le lac de l'Essonne
Toujours la masse noire en vue
M'approchant
Par courbes successives, suivant les rives
Plus proche encore
Patientant pour le soleil
Qu'il en frappe les façades
Je courrai l'étang de la Justice
Sa nécropole pré-mérovingienne inondée
Ceci était une information Wikipédia
Rue du port je me faisais doubler par un homme courant poussant son vélo
croisai une vieille bâtisse taguée,
Là les pentes commençaient, la forêt
J'en escaladai les sentiers
quand soudain je parvins sur le parking
Grigny 2 face à moi, et ma raison d'être là,
En aplomb d'une pente d'herbes
Notre Dame Toute-Joie de Grigny
je me surprenais d'être parvenu à elle
Moi qui l'avais découverte lors d'une dérive sur Google Maps
Elle était belle, casque de Pyramid Head noir
Contreforts tout en nuances de béton
Un chapiteau de fer sombre, suspendu à quatre tours grises
Au milieu des tours de Grigny
Dans mon dos j'en laissai la croix,
Pour un go Ris-Orangis
Le quartier du Plateau
Des sentiers dans les champs
Sur un mur de pierre un panneau Orangis Seine-et-Oise
Un grand champ et là-bas la gare de Bel Epine
Que j'empruntai alors pour me rendre à Louise Michel
Ne reconnaissais rien, une affiche pour le zénith de Niska
Un pont sous une route vers Courcouronnes
Que j'avais toujours pensé être l'autoroute
(une pauvre nationale 449)
L'étroit canal donnant son nom au quartier,
et l'hôpital qui se dressait là
Des panneaux de chantiers aux portes
Il avait été complètement abandonné.
Que reste-t-il ici alors ?
Rien, que des cités, là un panneau vers le square du trou rouge
Ici est un inscrit "votre quartier en cours de rénovation"
Je le quittai par l'est, le long d'un petit sentier longeant Louise Michel
Une passerelle là franchissait les voies du RER D,
Puis une laide départementale, un feu rouge
Je passai
Le boulevard de l'Ecoute-s'il-pleut...
Le bois sauvage d'Evry, en face les Pyramides
Une partie de Minecraft qui aurait mal tourné
J'en prenais des clichés
Détails de fenêtres semblant des têtes malheureuses de robots
Différents strates de délitement apposés les unes aux autres
Un grand champ de terre
Un chantier
Ici comme ailleurs on détruit
Je passai la gare routière, pensait emprunter un pont de béton
S'engouffrant dans Evry 2
Las les trottoirs sont ici trop petits
Et les bus un peu rapides
Il y avait là pourtant un héron peint
Sur un balcon fume un cuisinier
Me perdant dans Evry
Labyrinthe de laideur
Je n'aimai pas trop ici, peut-être doit-on s'habituer
Sur la dalle un gros trombone en corten défait
Des affiches de la ville, en cas de problème signaler
Images de problèmes : un tyrannosaure, une soucoupe volante...
Je traversai la gare d'Evry-Courcouronnes, vaste et clair
Elle s'ouvre sur la place des droits de l'homme
La mairie, la cathédrale de la résurrection
Colonnes de briques surmonté d'une couronnes - d'oliviers ?
Ces arbres sur le toit...
L'heure de la messe, la semaine sainte
L'évêque face aux rangs clairsemés s'avançait
"Je suis venu vous apporter la plaie - la paix parfaite"
Au-dessus de lui un christ téton suspendu à un mamelon de briques
La lumière surgissant dans l'édifice
J'en sortais, traversais le parc des coquibus
La sublime lumière par les arbres
Puis le quartier des Epinettes, la place de la Commune,
Le salon de coiffure Extreme Beauté
Et encore l'allée de l'Ami-du-Peuple, et ici la station de bus le temps des cerises
Je remontai la rue de l'internationale
Un panneau place des fédérés
Comme s'ils avaient entassés ici tous leurs référents gauchistes
C'est le peuple qui doit être content
Dans sa tour Lénine, avenue Stalingrad
Patientant pour la libération de Salah Hammouri
Le communisme communale...
Je rejoignais la nationale 7
Qui seule ici ose franchir la nationale 104
Une voie cyclable longe celles des automobiles
Par-delà la francilienne voyant s'élever les Tarterêts
Encore une histoire de mauvaise réputation
Courant droit dedans, dévalant la pente, Place des anciens combattants d'AFN et d'Indochine
Rue Pablo Picasso, l'Avenue du Général-de-Gaulle
C'est drôle les noms des rues dans les cités des villes de droite
Plus loin je retrouvai des dégradés plus connus
La rue Cézanne, la rue Renoir, la rue Gauguin...
Elle semble bien déplumée cette cité des Tarterêts
Ses tours y sont une à une tombées
Un père de famille ramenant sa fille de l'école
Le cortège habituel des femmes voilées au foyer
Un lascar assis tourne la tête à mon passage
Il n'en croit pas ce qu'il voit
Cligne des yeux
Je suis déjà parti
Aborde les parages du cimetière
Franchis les voies du RER
Voici Corbeil la ville, la vieille
Ses grands Moulins, son élégante mairie
Modèle habituel, mais en plus élancé
Un joli canal, la cathédrale Saint-Spire
Avec sa tête de cartoon halluciné
Vieux centre moyen-âgeux
S'opposant en tout point à celui d'Evry
Sa rue commerçante et sinueuse
La maison du Tacos
Je passai le pont, retrouvant ma Seine comme je l'aime
Blanche et grise en un sens, bleu profond en amont
Ce qui guidait mes pas se réduisaient maintenant à rien
Une rue d'enfer, repéré sur maps
J'étais rive droite
La ville abandonnée, ses rues murées
Un parc à chiens interdit aux enfants
C'est comme si le temps avait coulé
Mais que ce morceau de ville était là restée échouée
Corbeil…
Revenu à la gare, à ma banquette de RER,
Je voyais les Tarterêts, par-delà les voies, par-delà le cimetière
Le train longea la Seine, passa Vigneux
Face au lac elles étaient trois
Elles ne sont plus que deux



Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire