Toujours Montreuil. A la recherche des murs à pêches.
Je regrette certaines pensées peu amènes quant à Montreuil : n'était-elle pas la ville où je croisai le plus de chats ? S'échappant d'un chantier, d'un grillage pavillonnaire, prenant la pose au milieu d'un terrain vague.
Après s'être échappé de Paris par la porte dite de Vincennes on aborde Montreuil par le sud, rue de Lagny, découvrant un ensemble d'immeubles-hangars modernes brique et béton semblant dévorer la ville depuis sa frontière avec Saint-Mandé, rue Auguste-Blanqui, rue Henri-Rol-Tanguy, rue Dolorès-Ibaruri, rues ravineuses, profondes et sombres, ramenant toutes rue Cuvier où l'on découvre le parc Django Reinhardt, sorte de jardin-chantier dont on aurait simplement retiré les palissades. Une étendue de sable autour de trois arbres chétifs jouxtant quelques maisons en attente de démolition. En attendant de construire sûrement d'autres de ces immeubles-hangars, dont nous retrouvons toute une perspective dans la continuité, rue des Longs-Quartiers. L'une de ces maisons, au toit bâché porte l'inscription "2993" en lettres rouge et jaune, et cela sonnait pour moi comme le titre d'un roman de science fiction. Jouxtant immédiatement une petite fabrique inscrite "peaux brutes" délavée. Plus loin un large graph, "Patrimoine du ghetto", encadré du visage de deux hommes aux yeux rougis. Il semble pourtant que nous nous trouvions dans un quartier de bureaux.
Une photo à prendre, "Montreuil, rue de la Révolution", jouxtant un panneau sens interdit "sauf vélo"".
Passant rapidement un petit quartier résidentiel, avec maints maisons en attente de démolition, abord du parc des Beaumonts, butte végétale bien raide, offrant rapidement une belle perspective sur la ville, les tours de la Mairie, celle de la Noue, de la Capsulerie, les Mercuriales... Plus loin la vue sur le cimetière, un vaste replat, on y promène son chien, au-delà les barres HLM.
Rue Pierre-de-Montreuil - célèbre architecte du 13ième siècle - je longeai enfin cette étrange singularité dans le tissu urbain que sont les murs à pêches de Montreuil. Ici dissimulé derrière un assemblage hétéroclite de palissades, grillages, carrés de tôle. Un carrefour vers l'IUT de Montreuil, sa station service, une sorte de voie rapide, une ambiance de zone commerciale de province. Pour pénétrer plus avant dans cette zone, on la prend par le nord passant par un reliquat résidentiel vers la rue-du-Clos-des-Arrachis, puis descendant la rue-Saint-Antoine, perspective semi-rurale dans la ville. Un homme crachant ses poumons, des épaves de voitures, des murs en pierre défoncés, portails scellés de blocs de bétons. Derrière certaines grilles on découvre des perspectives sur des terrains abandonnés organisé en une vaste super-structure alvéolaire. Ici un chat attendant gentiment que je dégaine mon appareil photo. Plus bas, ce sont des camps de roms qui se sont installés là. Des caravanes, et même des mobiles-homes, camping de luxe derrière les murs.
Rue de Nouvelle-France ramenant sur la rue de Rosny, sa grande mosquée, plus loin le Flash. Terrasse pleine rue, ça fume son joint avec le café du matin. Ça promène sa poussette le joint à la main.
Je retournai vers le fort de Rosny, avec un appareil chargé cette fois. Photo de tours derrière les barbelés. Passage au parc de Montreau, plus paysager, moins sauvage que celui des Beaumonts, descente au-delà vers Rosny mais avant cela un bien curieux quartier coincé entre la butte et l'A86, des barres et de tours, qui m'a semblé bien plus isolé encore que le quartier de la Boissière. Relégué. Longeant ensuite l'A86 vers Val de Fontenay, la lumière se lève enfin.





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