"La part de l’aléatoire est ici moins déterminante qu’on ne croit : du point de vue de la dérive, il existe un relief psychogéographique des villes, avec des courants constants, des points fixes, et des tourbillons qui rendent l’accès ou la sortie de certaines zones fort malaisés."
Théorie de la dérive
Lorsque Godard part filmer La Courneuve il n'y cherche rien d'autre qu’un cadre y illustrant l’aliénation de l’homme moderne à l’ère des grands ensembles où poser le visage de Marina Vlad. La Courneuve ne l’intéresse pas en elle-même, et d’ailleurs dans sa fiction il la placera le long de l’autoroute du sud, brouillant à dessein toute topographie. La Courneuve comme abstraction. Le grand ensemble est ici ou ailleurs, hors-sol et sans histoire : toujours le même. Une image, une ambiance : le film lui-même est pourtant sur la prostitution… Nous ignorons comment il réussit à vendre ce film là - en fait c'est un film de commande -, si ce n'est en alignant les thèmes de la banlieue et de la prostitution, remplissant ainsi le cahier des charges des deuxièmes parties de soirée de TMC. "Toi seul sait faire rapidement un film avec n'importe quoi", "C'est vrai" aurait répondu Godard. La scène du garage néanmoins - voitures rouges, klaxon, plan sur des feuilles vertes, la voiture entre et sort, boucle, on revient au garage, zoom avant sur des panneaux publicitaires, puis un homme s'approche d'une femme - me rappela étrangement l'un de mes propres rêves... De la manière nébuleuse dont ils se rappellent à notre mémoire : moins sous forme d'images que d’affects. Pour le reste Godard ne m’appris rien sur La Courneuve.
Je cherchai à ce moment un chemin vers le nord, dans le dur du 93 : j’avais suivi des itinéraires à 3h, 2h, 1h déjà à travers Noisy, Bobigny, Drancy, maintenant je partais à midi, plein nord vers la Courneuve. Il me semblait remonter le temps, remonter vers les lieux de mon enfance, vers mon Val d’Oise. Au départ de l'Ourcq, je fis un court crochet vers les orgues de Flandres, Riquet, Crimée, Corentin-Cariou. Il y a quelque temps encore l'exotisme de ces lieux aurait suffit à me séduire, mais ces noms s'éclipsaient derrière celui, beaucoup plus solennel, des 4000. Au pont je pris la rive droite du canal Saint-Denis, croisant sur les berges un camp touareg, dont l'un vient m'encourager, ou se foutre de moi plutôt, « Yala Yala ! » je lui fis un signe de la main avant de m'engager sur la passerelle du Millénaire. Séparée du périphérique par une ancienne darse, ces voies de garage pour cargo, le centre commercial est situé allée Guy Debord. J'en cherchais vainement l'indication physique, envisageant de placer mon parcours sous le beau vocable de dérive plutôt que de jogging. Se pourrait-il que ce nom là apparaisse sur le carte mais non sur le territoire ? Je me promettais d'y revenir.
Contournant le machin je me retrouvais dans un quartier d'entrepôts et de grands ateliers. Ici progressivement les immeubles lépreux de la vieille banlieue avaient été détruits et remplacés par des résidences avec balcons de quinconces, jardins de bétons et hauts portails dentelés. Rue de la gare je croisai au bas d'une volée de marches l’étroite devanture de l'échoppe toute orientale d'un certain M. Sadr. Une porte sur laquelle était exposée sur le montant de droite deux seaux en plastiques - l'un vert l'autre rouge - et sur l'autre une veste en cuir et un bidon en fer. Sur le pont de l'avenue Victor Hugo un panneau annonce : "Cool, le quai Lucien Leeps passe en double sens". De l'autre côté de la rue je fis le détour jusqu'au "Bling Street" avant de passer la rive et rejoindre les quais. Je me souviens à peine ensuite avoir longé le canal, couru comme en état d’hypnose. Il appartenait déjà à ces lieux arpentés qui tantôt nous apparaissent si monotone que les parcourir devient subitement décourageant, tantôt passent comme des rêves.
Je me souviens cependant d'une passerelle en forme d'arche dans le pli de laquelle je découvris une plaque en souvenir des algériens noyés dans la Seine en 61, posée par la mairie d'Aubervilliers. Discrète et inclinée, perdue dans son renfoncement, comme dissimulée, à la manière des bouteilles de Nuka Cola Quantum radioactives disséminées à travers les terres désolés de Fallout 3. J’avais déjà découvert une de ces plaques à Vitry, quelque part dans la zone industrielle, près de la Seine. Parcourant la banlieue rouge je pourrai toutes les retrouver. Elles semblent disposées près des cours d'eau.
Enquêtant à rebours sur cette mystérieuse allée Guy Debord, je découvre sur le fil de commentaires d'un blog abordant la question un lien très intéressant, sur la probable justification de cette dénomination. Elle se justifierait par un compte rendu de dérive paru dans l'internationale lettriste, et qui commence ainsi : "Le mardi 8 mars 1956, G.-E. Debord et Gil J. Wolman se rencontrent à 10 h. dans la rue des Jardins-Paul, et partent en direction du nord pour reconnaître les possibilités d’une traversée de Paris à ce niveau." Car c'est bien de cela dont il s'agit, de suivre les courants traversant la ville, s'y laisser porter, à travers d'abord le 11ième arrondissement, dont ils évoquent le "caractère petit-bourgeois repoussant", le 20ième, passant de la rue de Ménilmontant à la rue des Couronnes par "une série de passages étroits à travers des terrains vagues et des constructions peu élevées qui ont un grand air d’abandon."
Suit le passage qui nous intéresse précisément :"C’est par la belle et tragique rue d’Aubervilliers que Debord et Wolman continuent à marcher vers le nord." Ils empruntent le boulevard McDonald, parviennent au canal Denis - l'ablation de toute référence au saint étant le reste d'une affectation révolutionnaire -, passent l'écluse, et terminent à la Taverne des Révoltés situé, "à la pointe la plus occidentale d’Aubervilliers, face au lieudit La Plaine, qui fait partie de la commune de Denis"... La dérive chez Debord, c'est la marche et l'alcool. Je ne trouvais pas cette taverne, et passais bientôt l’A86.
"Faisant la critique de l’opération, ils constatent qu’une dérive partant du même point doit plutôt prendre la direction nord-nord-ouest ; que le nombre des dérives systématiques de ce genre doit être multiplié, (...) Pour le programme des prochaines dérives Debord propose la liaison directe du centre Jaurès-Stalingrad (ou Centre Ledoux) à la Seine, et l’expérimentation de ses débouchés vers l’ouest. Wolman propose une dérive qui, à partir de la “ Taverne des Révoltés ”, suivrait le canal vers le nord, jusqu’à Denis et au-delà."
Cette dénomination allée Guy Debord se justifiait donc par le passage de l'homme dans cette marge désertée, et moi je poursuivais sans le savoir cette proposition de Wolman. Suivre le canal vers le nord jusqu'à Denis et au-delà. Mais ce jour-là, et parce que l'envie m'en était venu, non jusqu'à son abouchement à la Seine, mais en bifurquant vers l'est après le franchissement de l'A86, le long cette avenue que j'avais identifié longeant Bel Air, les Francs-Moisins, les 4000. Traversant enfin ces espaces qui m'effrayaient adolescent.
De La Courneuve j'avais simplement identifié point d'entrée et point de sortie vers le Parc Georges-Valbon, et c'était tout. Une carte déformée par le poids de ces noms immenses, bande de terre délimité au nord par l'autoroute, au sud par les voies de la ligne B, et avec en son au centre le carrefour des six routes, deux de plus que les quatre chemins d’Aubervilliers. Dans mon imagination elle n'était que dalles, tours, voies rapides et chemins de fer, l'ensemble toujours filmé en contre-plongée un jour d'hiver, et télédiffusé sur de mornes chaînes, images d'archives à la pellicule passée. Le défilé des hommes politique, Chalandon, Mitterrand, Sarkozy, venus pour respectivement Jean-Pierre 17 ans abattu par un patron de Bar, Toufik 9 ans par un voisin irascible, Sid-Ahmed 8 ans d'une balle perdue au pied de la tour Balzac. Toujours et seulement pour visiter les morts. "Nous allons nettoyer les 4000 au kärcher" avait déclaré alors notre président en 2005, déclenchant la polémique. De là ce qui était une métaphore d’une politique sécuritaire vint à être appliquer littéralement, et c’est ainsi que l’on nettoya les 4000, non d’ailleurs au kärcher lais à la dynamite : abattant ses barres, rénovant ses façades, terrassant le grand ensemble décidément trop impressionnant.
Des 4000 je ne découvrais donc que les vestiges, morceaux de bétons plantés dans le paysage, comme autant de ruines d'une autre civilisation, d'artefacts d'une religion perdue. Au milieu des habitats neufs ou rénovés elles se tiennent là ces barres de bétons de vieux JT des années 80. Sarkozy poursuivait là le tour de passe-passe de ses prédécesseurs : en 2010 la barre Balzac - au pied de laquelle était assassiné l'enfant Sid-Ahmed - tombait, tout comme étaient tombées auparavant les barres Debussy en 86, Ravel en 2000 -, Presov et Renoir en 2004 -. Ainsi traite-t-on les problèmes sécuritaires, images édifiantes relayées par les télévisions, bien plus que n’importe quelle opération de police. La descente de flic semblait toujours coup d’épée dans l’eau, tandis qu’en détruisant cet habitat qualifié quelque soit le bord politique de concentrationnaire, on semblait s’attaquer à la racine du mal, l’architecture.
Et c'est le pays qui regarde ses tours tomber, il n'y a jamais mis les pieds et cela lui tient lieu de politique sociale, au grand désarroi de leurs habitants, qui restent là en bas - et ça le pays ne le comprends pas - à squatter et à protester. Une barre détruite est comme un village que l’on rase : un entrelacs d'interrelations humaines subitement tranché. Politique sociale ou spectacle de la politique : d'abord opération de police. Contrairement à ce que s'imaginait Godard à la construction de ces grands ensembles, leur conception était inefficace quand au contrôle des populations. Hormis l'idée de génie de les parquer en dehors de la ville, il s'est rapidement avéré que leurs barres formaient des remparts pour la police, des cités pirates dans la ville. Les 4000 changeront-ils ? Non, ils seront simplement dispersés, en petit immeuble bas, comme pour diluer le ghetto. Les problèmes disparaîtront-ils ? Je ne sais pas. Mais sûrement les descentes de police seront-elles plus faciles.
Je progressais sur l'avenue du Général-Leclerc, passant devant ce bar proposant un buffet froid, hommage au film glacé que Blier tourna en hommage à la modernité folle, dans les gares souterraines de la Défense aux tours encore vides. Soudain au loin apparaissait l'emblématique tour Leclerc, elle était bien là, massive et accolée à l'une des dernières barres encore debout, le mail de Fontenay. Ici les barres - Balzac, Ravel etc... - avaient simplement le nom des rues, car les rues n'étaient occupés par rien d'autres que par leurs barres. A ses pieds un bar où s'attroupait une cohue, l'on se mit à vociférer, je pensai à ces jeunes gens-là, dont l'agressivité ne pouvait se tourner que contre leurs plus proches frères. Sous des arcades grises quelques commerces en pied de tour, architecture massive d'un autre temps, tranchant déjà avec les immeubles plus neufs alentours, aux façades plus sophistiquées. La barre en elle-même n'est guère différente de celles que l'on croise sur l'avenue Phillipe-Auguste et dont la vue et les balcons font monter le prix au mètre aux alentours des 10000... Grises, bleues et blanches, signée Henry-Charles Delacroix. Bâti selon le procédé du chemin de grue - des rails sont posés le long de ce qui deviendra une rue, la grue avance et place des panneaux préfabriquées, toujours le même, puis les fenêtres, toujours les même. Il y a des rues du seizième arrondissement de Paris à la monotonie cent fois plus déprimantes... Déplacez donc la barre Fontenay rue Oberkampf et pour le même prix on se battrait pour y habiter. Dîtes qu'elle est signée du Corbusier, et les gens seront fiers d'y habiter, comme ces marseillais de la cité Radieuse. C'est l'isolement, la relégation qui fait la violence, et non l'architecture. Tant de villes anglaises sont plus tristes que ces lieux impressionnants de contrastes, de grandeur. Quelques pas plus loin l'immense chantier du Grand Paris, qui viendra désenclaver à jamais ces lieux. Ici l'immobilier fonctionne à plein, et rompant radicalement avec les dogmes de la charte d'Athènes, il s'agit désormais de mêler en un même endroit rails, habitations, commerces et bureaux. Une tour bientôt va s'élever, mais joliment faite, charmante à l'oeil, avec terrasses et loggias. Pourquoi toute cette agitation ? Simplement pour cette ligne 16 partant de St-Denis pour relier les 6 routes puis au-delà le centre de Blanc Mesnil, puis les 3000 à Aulnay, Sevran-Beaudottes jusqu'aux bosquets de Montfermeil. On s'étonne alors de construire une ligne pour ne relier que les cités les plus sensibles du 93 ensemble, selon un trajet qui surmonte d'à peine un kilomètre celui de la ligne B du RER. S'agit-il de composer un express du crack et de l'héroïne ? Ou une nouvelle ségrégation ferroviaire, déchargeant la ligne B de ses usages les plus pauvres, pour reléguer ceux-ci sur cette ligne 16 qui outre devra passer par Noisy-Champs, et encore Champigny ? Comme si les concepteurs du grand Paris avaient voulu enfiler toutes les zones urbaines sensibles de la Seine-Saint-Denis sur un même fil.
Au loin la tour Entrepose, elle domine le carrefour des six routes, vide et les fenêtres toutes arrachées. Derrière la résidence du Parc, qui ressemble en tout point à n'importe quelle barre des lieux, à la différence qu'elle est habitée à 75% par une communauté asiatique, en but à beaucoup de difficultés de voisinage avec les Cosmonautes situées de l'autre côté de la rue. Nous sommes alors à Saint-Denis, mais néanmoins séparés du coeur de cette ville par le fort de l'Est au sud, l'autoroute au nord... Au sein même des villes ghettos on continue de former des ghettos dans les marges, ghetto dans le ghetto.
J'empruntai l'avenue Salengro pour franchir l'A1 et rejoindre le parc Georges-Valbon, du nom du premier député communiste du département de la Seine-Saint-Denis. Je ne visitais donc pas les 4000 nord, ignorant en fait leur existence même. Il en restait là-bas aussi des vestiges, une barre Robespierre que je contemplais depuis mon trajet, mais sans l'identifier. Les 4000 recouvraient bien la ville entière : sur la carte même ce nom venait barré la ville, dont le nom apparaît comparativement bien pâle.
Découvrir le Parc Georges-Valbon c'est observer le génie d'un parc coupé de la ville, parc ghetto au sein même de la ville ghetto, séparée de celle-ci tantôt par une autoroute, toujours la même, l'autoroute du nord, tantôt par un aéroport - celui-du Bourget-. Ou encore une nationale, mettez-y aussi une départementale au nord, qui laissera croire à un accès facile, si ce n'était l'absence de passages piétons, et ces hautes grilles dissimulées dans les taillis. Pour y accéder, suivez donc depuis la Courneuve cette avenue sale aux trottoirs boueux, passez sous les rampes, les ponts, puis rejoignez à pied l'un des parkings disposés autour du parc, ces ronds de bitume que l'on voit du ciel, relié d'un fil aux rues adjacentes. Passez enfin le parking, découvrez un immense terrain valloné et sillonné de routes et chemins goudronnés, dans un fracas de circulation incessant. Mais à mesure que je rejoignais le nord, l'air froid et humide des forêts gagnait ma peau tandis que le vacarme s’amenuisait. Parvenu au bord du lac, je me pensai en Suisse. Un belvédère artificiel le domine au nord. De là un gigantesque horizon sur sur la région Parisienne. La tour TSF de Romainville se découpant dans l'azur rosé parmi les tours de la cité Youri Gargarine, puis celles de la place des fêtes, des Orgues de Flandres, les 4000 nord, au loin un immense chantier de grues que je n'identifiai pas, Montmartre, la tour Entrepose, les 4000 sud chapeauté de la tour Eiffel, les Cosmonautes, le Stade de France, La Défense surmontant les barres de la cité Floréal, elles mêmes ceignant la basilique Saint-Denis... Voici les monuments qui s'offrent à la vue d'un promeneur du Parc Georges-Valbon au 21ième siècle. Beaucoup de ces monuments là sont du 20ième... Notre siècle quand à lui se chargea d'araser tout ça. Et je pourrai me tenir tel Rastignac au sommet du Père Lachaise et dire "Grand Paris, à nous deux !", mais il y avait ici un peu trop de vent, et sur mon caillou perché je manquai de tomber. À ma descente je croisai de rares personnes : des femmes noires courant seules, un homme particulièrement vieux et lent, qui parvenait à conserver la dynamique et le chaloupé du footing sans jamais décoller les pieds du sol. Parvenu au pont Iris je croisai à la fois le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, qui passait à mon grand étonnement par là, et cette ligne de grande ceinture, que j'avais franchi déjà une fois à Brye-sur-Marne, une autre à Bobigny - l'un des trois cercles qui marquaient mes dérives. Je me demandais alors pourquoi cette ligne n'avait-elle pas été recyclé dans le projet du grand Paris : ici je découvrais qu'un opérateur privé y avait doublé les voies pour installer le T11 reliant Epinay au Bourget. L'objectif étant à terme les prolongements vers Sartrouville et Noisy-le-Grand, c'est à dire très exactement le projet du Grand Paris, déjà fonctionnel.
A mesure que j'approchai de Stains les sentiers du parc se peuplèrent à nouveau. Une famille avec enfants et trottinettes. Parvenu sur le boulevard Maxime Gorki j'empruntais l'avenue de Stalingrad vers Saint-Denis et son université. Ici je parvenais à la marge de la ville, cette frontière instable se déplaçant sans cesse, poussée par les forces centrifuges de son centre. Paysages changeants soumis à la pression immobilière suivant les lignes de chemin de fer, exactement comme au far-west, s'opposant à la rigueur glacé et immobile des centres villes, dont on déplore habituellement l'immobilisme ou la muséification. Un phénomène pourtant naturelle : la tumeur nécrose et meurt en son centre, et ne peut proliférer que par métastases et envahissements successifs, franchissant les barrières les unes après les. Ainsi classons nous les tumeurs, ainsi parlons nous du Grand Paris. C'est la banlieue mangeant la campagne, avec ses terres encore agricoles que l'on devine derrière les palissades, ses fermes urbaines, c'est la ville dévorant elle-même sa banlieue, détruisant ses vieux immeubles pour les remplacer par des résidences compacts et modernes. Un lieu en voie de massification où subsiste néanmoins ces grands ensembles dont on ne sait que faire. Sur un panneau d'affichage municipale l'affichette d'un concert pour Juliette, ainsi que des invites à venir rencontrer les maires et députés de la circonscription, respectivement Azzedine Taibi et Marie-Georges Buffet. Les deux s'étaient fait récemment remarquer sur la scène médiatique pour avoir été refoulé d'Israël pour activités pro-palestiniennes. Il semblerait que lâchant la thématique de la lutte des classes, les députés communistes envisagent désormais la Palestine comme l'Armaggedon qui décidera du sort du bien et du mal en ce monde, jusqu'à en faire une priorité pour la politique de la ville de Stains, et de quelques autres en grande banlieue. Afficher le portrait d’un palestinien enfermé en Israel sur la mairie d’Ivry, renommé une ruelle de Bezons « Allée de la Nakba », organiser un festival du film palestinien à Montreuil, Aubervilliers et Saint-Denis autour du nettoyage ethnique de la Palestine : c’était là leur seul moyen de canaliser la colère et la frustration de leurs administrés.
Je passai devant le sulfureux Clos-Saint-Lazare, puis la cité Allende de Saint-Denis, Allende mort assassiné à peu près au moment furent bâtis les grands ensembles de la ceinture rouge de Paris. Résultat, le nom de l’homme était partout et semble désormais synonyme de point de deal. Sur tout mon parcours je n'avais fait que traverser ces zones urbaines sensibles de mauvaise réputation : Aubervilliers, Landy, Francs-Moisins / Bel Air, 4000, Floréal etc... L'université Vincennes -> Saint-Denis, terme de mon périple. Un hall vétuste où résonnait une musique arabe jouée sur un gros sound system, un stand à l'entrée "régularisation de tous les étudiants sans papiers", Saint-Denis.












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