vendredi 13 octobre 2017

Chien de printemps ::: Patrick Modiano (3)


"C'était tôt, le matin, dans un café de la place Denfert-Rochereau." 

Autre forme : l'évocation d'une personne disparue. Dans "Souvenirs dormants" Modiano évoquait "Le temps des rencontres" : un intervalle finalement étroit, semblait-il dire. Beaucoup de gens croisés, des mystérieux, lui alors très jeune et donc impressionnable. Eux des figures parentales de substitution : une femme qui le prend sous son aile alors qu'il vient de fuguer du pensionnat, des hommes peut-être amis de son père, au passé trouble, et à la volonté claire de se faire oublier.

Ça commence il parle de rues... et je n'en peux plus, je sens de l'agacement, mais petit à petit je commence à reconnaître comme des rythmes, des patterns. À Denfert il rencontre, là Francis Jansen, photographe, objet de "Chien de printemps", dans "L'horizon", il rencontrait déjà à Denfert, un philosophe, qui aimait lui aussi à se perdre. Saint-Michel est un quartier de l'angoisse, "Je savais que des inspecteurs fréquentaient certains cafés de la place...", Panthéon est un quartier dans lequel on ne s'attarde pas, quartier évoqué dans des termes quasiment similaire dans "Chien de Printemps" et "Fleurs de ruine".

"Nous avons traversé la place du Panthéon, lugubre sous la lune, et je n'aurai jamais osé le franchir seul." CP

"Devant moi le dôme du Panthéon. J'ai eu peur de me retrouver tout seul, au pied du monument funéraire, sous la lune..." FR

Puis on prend un train, et on s'en va, on s'en va vers Melun dans "Chien de printemps", un changement pour Fossombrone, on s'en va vers la Marne dans "Fleurs de ruine" et "Souvenirs dormants", non dans "Souvenirs dormants" on part pour Nemours carrément. L'angoisse, Saint-Michel, le désertique Panthéon, puis la banlieue, et enfin la grande banlieue, selon un mouvement centrifuge, et comme toujours, disparaître. "Je vous enverrai une carte postale quand je serai arrivé", ce que disent tous ses personnages, le clodo de la cité universitaire (FR), le photographe (CP).

A un moment, le narrateur croise un mime violent, qui le tape sans prononcer un mot.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

L'amour amer ::: Trois romans de Tristan

  Une voix lointaine émergeant du bruissement des âges, celle de Thomas chantant le Roman de Tristan  : « … su le secret... s'en aperçoi...