Meurs dur est une série de films américains étoilée de la présence de Bruce Willis jouant John McLane, un dur à cuir.
Dans le premier épisode de la série, qui devint dès 1995 une trilogie puis tétralogie, quintalogie, John McLane se retrouve, une nuit de noël, face à de faux-terroristes mais vrais allemands, belliqueux déterminés et menés par leur leader machiavélique Hans Gruber. Il est entouré de Karl, Tony, Theo, Alexander, Marco, Kristoff, Eddie, Franco, Uli, Heinrich, Fritz et James. Ceux là forment l’équipe des méchants, et dans ce film ils vont souffrir. Non seulement physiquement mais psychologiquement : ils devront endurer les pires blessures narcissiques, des sommets de frustrations, de plus en plus raides et pénibles, telle une interminable étape des Pyrénées.
Pensez que Hans Gruber a dû préparer son plan pendant des mois, peut-être des années. Déterminer l’objectif, rassembler l’équipe, élaborer une méthodologie, le tout articulé autour d’une idée de génie : faire passer un braquage pour une prise d’otage, puis assassiner tout le monde dans une explosion pour faire croire à sa propre disparition.
Et tout ça, toute cette rigueur allemande à la fois dans la conception et la réalisation, va se retrouver grippé par la seule présence d'un flic new-yorkais chauve et pieds et nus, grain de sable dans le moteur d'une Audi.
“J’ai tourné Piège de Cristal en pensant constamment au Songe d’une nuit d’été” - John McTiernan
Cela n’apparaitra pas à la première vision, où le spectateur tout transporté à sa joie de voir McLane – c’est à dire l’ordre – triompher, ne pourra se sentir concerné par la frustration que celui-ci provoque chez ses antagonistes. Mais à force de voir dimanche après dimanche, et meurs dur après meurs dur, le triomphe éternel de McLane, l’empathie se déporte petit à petit vers ces pauvres garçons allemands, qui parlent à peine la langue, sont affublés de gueules si antipathiques et de noms si ridicules qu’aucune autre carrière que celle du crime ne leur était possible en Amérique. Ces enfants, si loin de chez eux, ne connaissant ni les usages, ni les codes, ni le cool. Ils pensent bien faire, ils sont sérieux, font tout comme il faut, et pourtant cela ne suffit jamais. 640 millions de dollars, était-ce trop demandé ? Et toujours McLane tue le frère de Karl, Tony, et Karl toujours doit ravaler sa rage, et toujours il sera tué lui aussi, invengé. Par un homme chauve et seul, qui a une femme qui l’aime. Alors que Karl n'aimait lui que son frère. Loin qu’il est de Herta et de toute sa famille. L’orgueil détruit, le narcissisme brisé. Et cette colère qu’il faut contenir pour « s’en tenir au plan » comme le répète sans cesse Hans Gruber.
“Je vais te buter, je vais te cuire et je vais te bouffer” - McLane à l’heure de la transubstantiation
Ils souffrent, et ce piège de cristal est le golgotha de ces méchants. Clou après clou, ils sont montés sur la croix par ce type qui n’arrête pas de faire des blagues. Summum de l’humiliation : dans la version allemande, Karl perd jusqu’à son nom, et devient Charlie, tandis que Heinrich devient Henry, pour ne pas froisser le public local. Les fêtes de noël approchent, peu de doute que le triste spectacle ne soit à nouveau diffusé.
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