In my restless dream, I see that town, Silent hill. You promised you’d take me there again someday. But you never did. Well I’m alone there now. In our special place. Waiting for you
James approche son visage d’un miroir, se penche vers son reflet, finira-t-il par s’y noyer ? Voilà pour l’exposition de lieu. Il semble le découvrir, comme s’il s’agissait d’un nouveau visage. De ses doigts en trace les lignes et le contour : esquisse d’une cartographie.
« Mary, Could you really be in this town ? » Tous ses pas sont guidés par cette idée folle, jamais remise en question. Une donnée de l’étrange rêve qu’il s’est bâti : sa femme est vivante, elle l’attend ici. Est-elle morte, est-elle vivante ? Et lui ? Car la connaissance fragmentaire de sa vie passé va jusque là : James ignore jusqu’à l’étendue ce qu’il ignore. Il n’est pas simplement un amnésique tentant de reconstituer son passé : il ne sait même pas qu’il est mort.
Direction les Enfers, à la recherche d’Eurydice
Que restera-t-il de nous, une fois mort ? Notre âme ? Un charnier de souvenirs, de peurs, de regrets et de joies fracassés, comme autant de plis dont chacun semble former un horizon indépassable. Une prison de papier froissé – la mémoire – que nous aimerions pouvoir lisser pour reconquérir un horizon.
Nous sommes dans des pissotières sales, infernales. Absolument répugnantes. Il y a des inscriptions sur les murs, et notamment dans le placard à balai : un dessin naïf, représentant une créature avec tête, membres et corps, et au visage pris entre l’effroi et la stupeur. Une représentation sale d’Adam Kadmon. Des inscriptions en hébreu encadrent son corps : des noms de Dieu, orthographiés étrangement. Yahu, Béél, Shadaï. Une inscription qui signifierait « Le père, le maître de la force, Yakondiki est là, il règne ici selon le pouvoir de la Torah », du moins selon la traduction d’un type sur internet.
L’endroit spécial dont parlait la lettre, c’est l’hôtel de Lakeview, où le couple a passé ses dernières vacances. James avait d’ailleurs oublié là leur vidéo souvenir. La cassette l’attend à la réception. On y voit James étouffant sa femme malade avec un oreiller.
Voilà l’objet de sa quête : découvrir ce qu’il avait oublié. La culpabilité lié à ce meurtre, elle est incarné dans ce monde par Pyramid Head.
Qui est Pyramid Head ? Il est l’existence de ce meurtre dans le monde spirituel. C’est donc James lui-même tuant sa femme, c’est aussi James en proie à des pensées lubriques, liées aux frustrations sexuelles de sa situation. Un amour agonisant, qui n’en finit plus de mourir.
Ainsi voit on Pyramid Head violant des créatures dans Silent Hill, en tuant d’autres. Créatures incarnants les mauvaises pensées de James. Comme les Lyings figures, femmes nues, écorchées, dont les bras semblent prises dans leur peau comme dans une camisole de force, vomissant leur jet vert. La maladie, la douleur, l’enfermement à l’hôpital. Les mannequins, créatures féminines formées de deux paires de jambes soudés au pelvis. Les lèvres de chair, grands vagins montés sur des cadres en fer.
Pyramid Head a bien sûr une existence en dehors du meurtre de James. Il est tous les meurtres, se nourrit de tous les meurtres : à ce titre son existence est éternelle. Il est le bourreau : celui qui a tué, mais aussi celui qui tue et poursuit le meurtrier. Son rôle est ambigu : il punit le meurtrier, le faisant prendre conscience du mal qu’il a causé. En même temps il conquiert une autonomie, propageant le mal, par mimétisme.
Pyramid Head poursuit James de sa longue épée, le forçant à s’enfoncer toujours plus loin dans les profondeurs de Silent Hill. Présence menaçante, terreur permanente, qui n’hésitera pas à tuer James s’il hésite à avancer. Il va tuer par trois fois Maria, le double érotisé de Mary. Maria est une Mary qui ne serait pas malade, mais attirante. Mary avant sa maladie. Maria cherche amour et protection contre les créatures érotisées de Silent Hill, qui sont les malakhim nées de la libido de James. Par trois fois Pyramid Head viendra exécuter Maria. C’est en réalité James qui se revoit exécuter Mary. Une fois que James comprend qu’il a tué Mary, le rôle de Pyramid Head devient superflu. Après avoir tenté de tuer James, il se suicide en s’enfonçant dans la gorge sa propre lance.
Wood Side appartments
Un sentier interminable descend du parking vers le cimetière, avant de rejoindre par une route Silent Hill même. Il faudra 7 minutes pour la rejoindre, en courant. Le temps de réfléchir, ai-je vraiment envie de m’embarquer dans Silent Hill 2 ?
Une ville déserte, où tous les commerces semblent abandonnés, où chaque porte est fermée. Commence l’exploration de ce qui semble au départ immense, mais qui va vite se révéler clos de toute part. Des gouffres barrent les rues, des grandes palissades de tôle empêchent l’accès aux autres zones de la ville.
C’est presque par hasard que James tombe sur une caravane, dans laquelle il trouve un post it: « j’attends au Neelys bar ». Le début d’un fil d’indice, qu’il va falloir lentement remonter. Au Neelys bar se trouve une carte similaire à celle de James, comportant quelques indices en plus. Un point d’interrogation au bout d’une impasse. En s’y rendant, James découvre la clef d’un ensemble résidentiel, Wood Side appartments.
On passe alors d’un univers ouvert, très blanc, très lumineux (mais la lumière opaque d’un brouillard aveuglant), aux couloirs étriqués et sombres d’un immeuble d’habitation. Certains sont fermés par des grilles, obligeant à des contournements étranges. Derrière l’une d’elle, une clef est dérobée par une petite fille espiègle. Que fait elle là, dans ce lieu si dangereux ? Plus loin c’est la première rencontre avec Pyramid Head. Il se tient dans le noir, derrière l’une de ces grilles. Il n’y a pas de cinématique, pas d’effet. Simplement il se tient là, dans le jeu, dans le gameplay même.
Quelques pas plus loin, voici un homme mort face à sa télévision, assis dans un fauteuil qui semble avoir été trainé tout le long de la pièce, dans une grande trace de sang. James lui même.
Pyramid Head que l’on retrouve une chambre plus loin en train de baiser un de ces monstres à buste de cuisses.
L’exploration continu, labyrinthique. Tout est clos, obstrué, il faut faire de multiples aller retour pour dégager la voie d’un chemin tortueux certes, mais linéaire.
James trouve finalement la clé de l’escalier de service. Mais une fois la porte ouverte il il découvre un autre immeuble, juxtaposé au premier. Pas d’escalier de secours bien entendu. Mais un autre passage à franchir. Il passe donc de la porte de secours à la fenêtre brisée en vis à vis. Connexion incongrue entre deux bâtiments : les mondes sont poreux. Ils fuient l’un dans l’autre et ce qui semblait opposé est en fait adjacent, tout comme le côté de Guermantes était contigu au côté de chez Swan.
Un autre immeuble à fouiller. Blue Creek Appartment. Rencontre avec Angela, une de ces autres âmes errantes de Silent Hill. James prend son couteau, pour éviter qu’elle ne se suicide avec.
C’est toujours aussi délabré. Des traces d’humidité sur tous les murs. Le bleu délavé, peintures écaillées, les dalles arrachées. Deuxième rencontre avec Pyramid Head et son grand couteau. N’essayez pas de le tuer, c’est inutile. Une sirène retentit, il s’en va. Il descend un escalier inondé, ouvre une porte, l’eau se vide.
Brookhaven Hospital
Enfin la sortie, le retour aux rues brumeuses, à la lumière. Pas de dinosaures sauvages, comme dans la nouvelle de Stephen King, Brume. Mais toujours ces créatures odieuses. James est parvenu dans un autre secteur de Silent Hill auparavant inaccessible à cause d’une immense palissade faîte de plaques de tôles. Il est simplement de l’autre côté, il a simplement contourné une porte. Tout ceci est dangereux, dérisoire, pourquoi ne pas simplement revenir en arrière, prendre la voiture et partir ? Tous ces efforts pour quoi ? SH2 s’en prend à la motivation même du joueur. Mais la porte est toujours aussi verrouillée. Ce qui signifie que pour retourner dans la première partie de la ville, il faudrait qu’il reprenne le chemin en sens inverse à travers les deux groupes d’immeuble. Interminables obstacles qui semblent enfermer James dans un piège onirique. Cauchemar d’enlisement. Mais quand bien même il renoncerait à continuer, cela n’enlèverait rien à l’aventure. Ce serait simplement une autre façon de répondre à la question posée : est il raisonnable de penser retrouver sa femme morte l’attendant dans leurs souvenirs communs ?
Voici le parc, mais ce n’est pas Mary qu’il trouve là. Même visage, même voix, même corps. Simplement c’est Mary habillée comme une prostitué et qui dit s’appeler Maria.
»So the Hotel was your special place, huh, I’ll bet it was.. »
Allusion salace de Maria à leur couple. Elle demande protection « tous ces monstres autour ». James rechigne puis accepte.
Hôpital de Brookhaven, trois niveaux d’énigmes tordues. Notamment cette boîte fermée par trois codes différents, disséminés dans différentes salles, dont l’un est écrit au sang humain dans l’une des pièces d’isolement. C’est un hôpital psychiatrique apprend-t-on. Et qu’il y a-t-il dans cette boîte ? Un cheveu. Et à quoi servira-t-il ? Associé à une épingle, il permettra de remonter une clef coincée dans l’évacuation d’une douche putride, telle une canne à pêche. Inexplicablement Maria voudra se reposer dans l’une des petites chambres glauques du deuxième étage. Elle parvient à s’endormir, il faut alors la laisser, parmi tous les dangers.
Plus tard la sirène retentit, l’hôpital bascule dans le cauchemar. Les murs sont maintenant recouverts de bâches. Les mêmes lieux à re visiter, mais ce ne sont plus les mêmes portes qui sont ouvertes. Maria a disparu, elle n’est plus dans sa chambre. Ailleurs, un mot sur une feuille tâchée de sang : « J’étais enfermé dans le sous sol de la cave. C’était si petit, si obscur. J’ai perdu ma bague, mais jamais je n’y retournerai. ».
Longue descente vers les sous-sols. Derrière un placard de bois, un trou avec une échelle, menant vers une pièce sombre. Maria y est prisonnière. Elle l’accable de reproches : « Tu dois me protéger, pourquoi m’as tu laisser toute seule ». Un couloir plus loin surgit Pyramid Head. James parvient à s’enfuir, mais Maria semble avoir été tué sauvagement. James s’en veut, une fois de plus (de ne pas avoir pu protéger une femme). Juste avant de sortir de l’hôpital, il trouve un autre carte, qui le mènera de fil en aiguille à déterrer la clef de la société historique de Silent Hill. La route menant à l’hôtel étant coupée, c’est là qu’il s’enfonce. Ainsi s’achève cette première partie du jeu, l’errance dans Silent Hill à la recherche d’indices et de connexions étranges. Lorsque James pénètre dans la société historique, la progression prend une autre tournure. James va s’enfoncer toujours plus profond, toujours plus loin, chaque lieu traversé sera comme une pelleté de terre au-dessus de sa tête.
I was weak, needed you for punish me for my sins
Société historique, des tableaux impies. Un trou dans un mur mène à un passage qui s’enfonce on ne sait où. Il faut une minute pour atteindre une porte. Une minute où le héros semble faire du surplace. Je me suis retourné plusieurs fois pour voir si je n’étais pas pris dans une illusion d’optique. Mais non, j’étais bel et bien engagé dans ce passage. Au bout une porte menant à un petit bureau. En fait le bureau du surveillant d’une prison. Quelques cellules sales, des grilles. Un trou sur un sol grillagé: voulez-vous sauter ? Oui.
Rabbi Aba dit : dans la Géhenne il y a enceintes sur enceintes, par deux, par trois, même par sept. Heureux les justes qui se préservent des fautes des réprouvés. Mais quiconque se rend impur, quand il s’en va vers ce monde là, il descend dans la Géhenne jusqu’à l’enceinte la plus basse.
Le Zohar 62b
James tombe au fond d’un puits en pierre, sa chute amortie par une eau verte et croupie. Il n’y a pas d’issue. En fait si, après avoir examiné centimètre par centimètre la paroi, James en découvre une partie plus récente. Des pierres qu’il est possible de desceller.
D’autres cellules, mais cette fois ci l’ambiance est plus médiévale. Entre le donjon et la cellule d’isolement d’une prison moderne. L’entrelacs de porte et de couloir mène à une pièce haute et carrée, dont le sol est fait de grilles. En réalité une porte, horizontale, que l’on peut ouvrir. En dessous un couloir vertical dont on ne verrait pas la fin. Voulez vous sautez ? Oui.
Voici James dans la cantine d’une prison. Tiens voilà Eddie qui joue avec un pistolet, Eddie toujours plus dingue. Une simple prison enfouie on ne sait où, sans aucunes fenêtres, ses parloirs défoncés, ses cellules pleines de dessins occultes et sa cour ténébreuse où siège une potence. Il faut encore descendre. Ouvrir une trappe menant au sous sol de la prison. Voulez vous sauter ? Oui.
James découvre alors la morgue de la prison. Ambiance mort. Une trace de sang pourrie mène à une salle disposant d’une vaste fosse où sont jetés les cadavres. Voulez vous sauter ? Oui.
Un couloir très court recouvert de terre de sang: puis une autre pièce, sans plancher cette fois. Un lavabo est accroché à l’un des murs. Voulez vous sauter ? Oui.
Un ascenseur. Voulez vous descendre ? Oui.
Des couloirs nus, des grilles, cela s’appelle le labyrinthe. Il est possible de voler le couteau de Pyramid Head ; pourquoi faire ? Plus bas, plus loin, James retrouve une nouvelle fois Maria, prisonnière dans une cellule. N’était-elle pas morte? Elle ne se souvient de rien. Simplement d’avoir été séparé de James dans un grand couloir. Pas de Pyramid Head pour Maria. « Je me rappelle d’une cassette video que nous avons faite. Je me demande si elle est encore là ». « Je suis là je suis réel, tu veux me toucher ? Viens et prends moi, je ne peux rien faire à travers ces barreaux ».
Maria semble connaître des choses que seul Mary pouvait savoir… Lorsqu’il la recroise à nouveau, elle est allongée morte dans un lit aux draps tâchés de sang.
Au bout du labyrinthe, un cimetière, avec les tombes de Eddie, Angela et la sienne. Voulez vous y descendre ? Oui.
Là-bas se trouvent deux enceintes qui se soutiennent l’une l’autre : le Shéol et l’Abadon. Celui qui descend jusqu’au Shéol y est jugé et reçoit son châtiment. Puis on le fait monter vers une autre enceinte et ainsi son ascension se poursuit, degré après degré, si bien qu’il sort du Shéol. Par contre, celui qui descend dans l’Abadon, jamais on ne l’en fera remonter. (perdition).
Zohar 62b
Enfin de l’air. Une grande étendue d’air glacé : le lac de Toluca, recouvert de brumes.
En quoi consiste la loi de la Géhenne ? C’est du feu et de la neige, l’un est brûlant l’autre est glacée.
Une porte vers un ponton donnant sur le lac. James prend une barque et débute sa traversée. Le lac est très vaste et James rame lentement. Le lac évoque le Léthé, les eaux calmes et huileuses du fleuve de l’oubli qu’empruntaient les âmes pour effacer leur mémoire afin de pouvoir de naître à nouveau. Mais ce n’est pas vers quoi se dirige James. James rame vers l’hôtel, vers le souvenir perdu. Il remonte le cours du Léthé, et c’est non pas l’amnésie mais l’anamnèse qu’il vivra. Le brouillard empêche de distinguer quoi que ce soit. On peut se demander si on fait du sur place, où si l’on se perd. En fait, il faut tourner jusqu’à distinguer un phare dans la brume, et le suivre. James prend ensuite pied au Lakeview Hotel. Troisième partie du jeu et dernier lieu. La mémoire, calme et glaciale.
Hôtel
Voici le moment de la résolution. Elle sera différente selon la façon dont James s’est comporté. Quelles étaient les attitudes possibles ? Protéger Maria et s’attacher à elle, en l’écoutant parler, en venant la voir régulièrement au cours du périple, et alors c’est Mary en colère qu’il devra affronter. James semble prêt pour un nouveau départ, un nouvel amour. Mais lorsqu’il quitte la ville avec Maria, celle ci se met à tousser. Et nous comprenons que tout recommencera à nouveau, exactement de la même façon qu’avec Mary. Un éternel retour à Silent Hill s’ouvre, avec un James condamné à revivre les mêmes tourments que par le passé, balloté d’hôpital en sanatorium avec une Maria érotique qui au fur et à mesure du développement de la maladie redeviendra la Mary malade et alitée que nous connaissons. Une autre Maria, souvenir érotisé de Mary surgira alors, reposant à James le même dilemme. Cette fin n’en est bien sûr pas une, James ne quitte la ville que pour y retourner. Autant dire qu’il en est prisonnier : âme morte errant dans les limbes, obsédée à jamais par le même dilemme, par la même libido.
La « Leave ending » semble plus acceptable. James a repoussé Maria et est resté fidèle à Mary. Il a traversé la ville pour la retrouver, il s’est expliqué, elle lui a pardonné, et peut maintenant partir en paix. Traverser les enfers pour échanger un dernier dialogue avec un disparu, penser en ramener son Eurydice. Et maintenant James, que vas-tu faire, quitter la ville et reprendre le boulot lundi ? Nulle ne quitte Silent Hill. Qui iamgine-t-il avoir rencontré dans cet hôtel, Mary ? Illusion. James est seul à Silent Hill, il ne fait face qu’à ses regrets, à des illusions. Et une illusion, quand bien même il s’agirait de celle de Mary, ne peut produire que des illusions, l’illusion du pardon.
Seul la mort peut sauver James, lui permettre d’obtenir le game over final. Qu’il finisse le jeu ou qu’il crève bêtement au premier coin de rue de Silent Hill importe peu finalement. Voilà le principe de la fin « In Water », qui est souvent considéré, comme la fin canonique du jeu. Pour l’obtenir, il suffit de se laisser mourir, bien entendu. Et de ne surtout pas se soigner. Si malgré ça, James survit à l’aventure, et apprend donc qu’il a tué Mary, il se suicidera tout simplement. En se jetant dans le lac de Toluca, en voiture, avec le corps de Mary dans le coffre. Rappelons nous le début du jeu : James est sur un parking au dessus de Silent Hill, sa voiture est garée là. Il y a tout lieu de penser que le corps de Mary est à ce moment du jeu déjà dans le coffre de la voiture. Coffre impossible à ouvrir. Et qu’il est venu là justement pour se suicider, et rejoindre Mary dans la mort, unis dans le même cercueil d’acier, plongé au coeur de leurs souvenirs, le lac de Toluca. Cette hypothèse semble confirmé par une ligne de dialogue de Silent Hill 4, the Room, ou Henry pense en voyant une photographie de ce lac, « le destin de James ».
Cette fin est vrai, dans le sens où elle donne des informations vraies sur la biographie de James. Il a tué sa femme puis s’est suicidé en se jetant dans le lac. Mais cela n’indique en rien ce qu’est devenu son âme une fois arrivé à Silent Hill, destin qui dépendra du joueur, et de ce qu’il aura envie de croire. Croire au pardon, croire à un second départ. Ou même croire à une résurrection de Mary. C’est le sens de la fin « Rebirth ». Cette fin n’est possible que lors d’une deuxième partie et ceci est une indication importante. S’il est possible de jouer deux fois à Silent Hill, quelque soit la première fin obtenue, cela signifie qu’aucune de ces fins ne soldent les comptes entre James et Silent Hill. Lors de cette deuxième partie, de nouveaux objets sont disponibles. Des artefacts magiques, qui permettront à James tout simplement de redonner vie à Mary, pense-t-il. On voit James se rendre sur une île, pour en appeler aux anciens Dieux. Seul le désespoir le plus absolu peut conduire James à chercher leur fréquentation. Quand à la fin « Dog », il faut simplement imaginer James devenu fou.
Qu’ Orphée revienne ou non des enfers n’y changera rien : Eurydice est perdu à jamais. Quoiqu’il fasse. Aucune de ses actions n’a de conséquence. Et son horizon reste celui de cette ville, Silent Hill. Son choix se limite à la folie, à l’oubli ou à l’abandon. Il oscillera entre les trois, dont il fera la topographie minutieuse. Tout comme il cartographia chaque lieu chaque pièce de Silent Hill, contours de son monde à jamais. Il le fit par ennui et désoeuvrement.



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