vendredi 6 septembre 2019

Dérives 12 ::: Stains



On ne se souvient pas que l'Air de famille de Klapisch s'ouvre sur un long panoramique sur la cité du Clos-Saint-Lazare de Stains. Un petit bar le long de la ligne de grande ceinture, dans un quartier mi-pavillonnaire, mi-industrielle.
Un autre panoramique sur Stains encore dans le film de Civeyrac "A travers la forêt". Lorsqu'Armelle se réveille d'une sieste champêtre lors du 9ième plan séquence du film. Elle se lève, passe un bosquet,  son ami l'appelle, elle ne répond pas, et en contrebas se déroule les bars de la cité du Moulin Neuf de Stains. J'avais tournicoté dans les allées du parc Georges Valbon à la recherche de ce lieu-là, avec pour seul indice une photo : une butte, la ville, et au-loin le Sacré-Coeur. Je ne trouvai pas. Ce n'est qu'en revoyant la séquence en entier que je reconnus les lieux où j'étais passé - cette portion de Stains, rue de la Vieille Mer etc... - Armelle est sur la butte qui surplombe la ligne de Grande Ceinture. J'y retournerai pour sentir la présence du fantôme de ce fantôme, l'ombre de ce rêve. Trois fois fantôme peut-être à considérer qu'elle est le fantôme de S. : son visage et son histoire. Là-bas je pourrai m'inventer une nouvelle mémoire.
Henri s'est fait quitter par sa femme, Arlette. Il y a un flash-back dans le film montrant le jeune Henri se faire claquer par son père, une scène de famille vivante et joyeuse qui dégénère en violence tandis que les enfants viennent chahuter les parents au réveil. Je n'avais jamais compris que c'était Henri qui était frappé, et je n'avais pu compris non plus que ça faisait rire les deux autres enfants : ceci est marqué dans le storyboard, mais reste à peu près incompréhensible à l'image. C'est une belle histoire d'amour, une comédie de remariage, un beau film, autour d'un type bourru ayant des difficultés à exprimer ses sentiments.

Rue Newton je suis tombé, laissant un bout de ma peau sur le sol de Stains.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

L'amour amer ::: Trois romans de Tristan

  Une voix lointaine émergeant du bruissement des âges, celle de Thomas chantant le Roman de Tristan  : « … su le secret... s'en aperçoi...