jeudi 9 mai 2019

Dérives #11 ::: aux confins du Val-de-Marne sud



centre-commercial-boissy-2


Il y a à peu près un siècle - ce plan date de 1910 -, le réseau de chemin de fer parisien présentait l'aspect de ce que sera peut-être un jour de 2050 le Grand Paris : deux lignes circulaires, l'une de petite ceinture, l'autre en grande ceinture, reliées par des radiales aux gares intra-muros. 





Parvenu à Boissy-Saint-Leger puis passant de l'autre côté du miroir, vers le quartier de la Haie-Griselle, le parking de Boissy 2, l'affichette d'une auto-école, quelques voitures désossées, la sortie du côté de Limeil-Brevannes. 

centre-commercial-boissy-2


Parvenu à Limeil-Brevannes.fr, je pique plein nord vers ce que j'identifie comme étant le fond de cuve du Val-de-Marne, l'interzone entre Créteil / Bonneuil et Valenton, la coupure opérée par la ligne de grande ceinture et sur laquelle est venu se greffer tout un merdier de zones artisanales, fourrière, gare de triage, nationale, entreprise de lavages poids-lourd, hangar et mosquée.


Tout était là devant mes yeux, j'en pleurais de joie mes larmes battu par les vents, rue Paul-Valéry, face à la mosquée de Valenton, entre le cimetière et Bonneuil-sur-Marne - l'équivalence de  entre ces deux termes là -, la mosquée de tentes et préfabriquées sur le grand terrain vague où se construisent des hangars, les affiches politiques du Parti communiste français : France Houellebecq 2019. Au loin je voyais la flèche de l'église de Valenton, et nous aurons donc et pour longtemps cette dichotomie entre le centre-ville et son lieu de culte chrétien, et la lisière de ville et ses mosquées.

mosquee-valenton

En face l'intriguant parc départemental de la plage bleue, agencé selon le goût dit du jardin à la française, celui de l'espace abstrait qui proclame ne rien devoir à la nature. Des cercles, des triangles, des îles-points, un skate parc, comme s'il s'agissait de faire rentrer le maximum d'objets mathématiques dans un espace donné. 

parc-departemental-plage-bleue

Je suivais un panneau "Villeneuve-Saint-Georges quartier nord". Il est rare de se trouver à Villeneuve-Saint-Georges et plus encore en son nord. Je découvrais les lieux, nous sommes sous la grande ceinture et à l'est des voies du RER D : au loin des tours, je voulais en approcher.

Dans ce gros bloc de tours, il y avait là le centre commercial des Graviers, un centre commercial abandonné : un panneau dans ses couloirs, "interdit aux vélos à moteurs". Tandis que je fais des plans des intérieurs, ambiance Silent Hill, deux petites filles m'abordent pour me demander l'heure. Le territoire n'est jamais la population.

graviers-villeneuve-saint-georges
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Une camionnette de la poste se pose sur le trottoir, la porte s'ouvre un gros son de trap music et le type en descend, cagoule de parka sur la tête, lunettes noires et survêt noirs, il ouvre la boite postale vide le courrier et me regarde. Il est jeune, un peu plus jeune que moi, un gros son de trap fr.

Je rejoins la nationale 6. Il y a le modianesque Rev'Hôtel... C'est là que je t'emmènerai.


Enfin à l'horizon l'objet de cette mission : cette passerelle immense sur la gare de triage de Villeneuve-Saint-Georges, une passerelle si mythique qu'elle donne son nom à la supérette, au coiffeur, et même à la boucherie de la place : "Supérette de la Passerelle". C'est ainsi qu'elle s'appelle.

Il en manque une tranche, celle qui franchissait la nationale 6, emportée une nuit de mai 2018 par un camion hors gabarit : celui-ci transportait deux pelleteuses. Au-delà cette passerelle piétonne ferroviaire de 700 mètres me guidait jusqu'à Villeneuve-Triage. La rue du TGV, ce tag syndical, "37 annuités pour tous"...

passerelle-villeneuve-triage
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