Parmi les nombreux bienfaits de la révolution Internet, il faudrait citer la mise à disposition à tous les étages, et sans distinction, d’un accès à la quintessence de l’offre culturelle de notre civilisation : le film de zombi. Interdit de salles, rarement diffusé, mais désormais à portée des petites mules que nous envoyions à travers les lignes des réseaux de Telecom pour en sonder les recoins. En bons héritiers de Bouvard et Pécuchet, nous voulions tout voir, tout explorer, tout classifier. Voici quelques prolégomènes à une encyclopédie du bis.
Il est difficile d’établir ce qui distingue ce qu'on nomme série A d'une série B, mais il est sûr que lorsqu'on tient en main une piles de divx titrés au marqueur noir « Cannibal ferox » ou « Zombi Flesh Eaters », on entre dans tout un jeu de langage, tout un monde, qui refuse expressément cette question tant la réponse est évidente. Les gens de bons goûts ne mangent pas la chair humaine, ils ne sont ni féroces, ni cannibales. Première constatation, contrairement à son grand frère bien élevé, un film de série B ne peut se permettre d’être évasif quand à son contenu : au contraire, son titre est programatique, il vaut pour contrat. Une baraque de foire, une promesse de frisson, achetez donc un ticket et vous en aurez pour votre argent. Ou pas.
C’est donc ainsi que nous procédions, lançant des mots clefs dans les bases de données de l’internet mondial, et y découvrant des pépites d’autant plus excitantes qu’elles étaient peu sourcées. L’entreprise était réalisée selon les règles de l’art, celles de la recherche bibliographique : systématisme et rigueur. Tous les mots clefs seront explorés. Et le premier d'entre eux, porte d’entrée dans ce monde étrange est fut « zombi ». Matrice originelle de l’horreur, et classique d’entre les classiques, c’est le film de Roméro.
Zombie - Romero
Une voiture s'engage sur un chemin terreux à proximité d'une forêt tandis que sonne une sinistre musique, ainsi débute the horror masterpiece de Georges Romero, son premier film, « Night of the Living Dead ». Un couple de jeunes américains prétend visiter un cimetière malgré la mise en garde de la jaquette du DVD. Ils sont en réalité frère et soeur. Mal leur en pris. Voici que s'avance vers eux un sinistre et titubant personnage, plan caméra à l'épaule zombie, ça tangue, nous prenons peur, c'est la course poursuite. Heureusement elle parviendra à rejoindre le plus proche village, et ceci n'est pas anodin. « L'aube des morts vivants », aka « Zombie », en fait la suite, se déroulera dans un centre commercial, château assiégé. Tandis que le « Jour des morts vivants » se déroulera bien évidemment dans une base militaire, selon la classique répartition tripartite de Resident Evil 4. Autant de films, autant de chefs d'oeuvres. Roméro compose des films de zombies pragmatiques : il y a une situation, décrite par la prophétie "quand il n'y a plus de place en enfer, les morts reviennent sur terre", et à cette situation, en bon survivaliste il faudra s'adapter.
Dans « La nuit des morts vivants », il faut dire que tout le monde est un peu surpris par cette invasion : personne n'est préparé, et on fait avec les moyens du bord. Barricader les fenêtres, trouver des armes, régler les tensions dans le groupe : on arrache des lattes de parquet pour obstruer les passages, frapper les zombies, et aussi apaiser les cris de la femme blonde - dont tous espèrent la mort rapide compte tenu du niveau d'exaspération que son comportement entraîne dans le groupe. Il est étonnant de constater que l’une des premières peurs de l’homme soit celle de se retrouver enfermé dans un lieu clos avec une femme hystérique. On tente de percer le siège, de faire une sortie, récupérer une voiture, et tout finit très mal évidemment.
Le huis clos va bientôt s'achever, les chasseurs sont en marche. La virilité américaine est encore intact. Le village est cerné, les zombies, frêles et lentes créatures sont abattus comme des sangliers. Tout comme l'unique survivant blessé de la maison, de peau noir, pris pour l'un d'eux. "Beau carton". Et les chasseurs poseront à côté de leur gibier, sans même savoir qu'il était encore un homme avant d'être abattu d'une balle entre les deux yeux. Une fois mort, personne ne saura si vous étiez un zombie.
La situation sera bien différente dans Dawn of the Dead aka Zombie. Remarquons tout d’abord le titre bicéphale. L’un est vaguement poétique, il évoque l’aube de la mort (traduit en français par crépuscule): nous ne savons à quoi nous attendre, est-ce un film d’auteur ? Le second décline le programme, il sera simple : Zombie.
Cette fois-ci, le dispositif a changé. Il ne s'agit plus de suivre les réactions du quidam moyen face à une attaque locale de zombis, mais de considérer quelle va être la meilleur équipe capable de faire face à une internationalisation de la problématique. Le zombi est devenu épidémie mondiale. Roméro signe ici son chef d'oeuvre : un Robinson Crusoe zombi, avec à la place de l’île, un centre commercial gavé de produits manufacturés et celle de Vendredi, deux membres des Swat. Évidemment : où mieux résister à une telle éventualité que dans un lieu fermé rempli de nourriture ? Quand à l'équipe, elle rassemble ce qui se fait de plus efficace : deux tireurs, un pilote d'hélicoptère, et une femme, pour éviter que cela ne tourne à une ambiance film de prison. Ce qui suivra est un manuel du castor junior, chapitre « que faire lors d'une invasion de zombies ». Calfeutrés dans leur château fort, voilà qu'ils devront construire une maison, cultiver des denrées - moissons dans les rayons des supermarchés -, et résister aux tempêtes de zombies, dont le ressac incessant finira par aboutir au naufrage de leur îlot, aidé en cela par une attaque de bikers pirates des plus énervés. Puis s’évader. Zombie est un véritable bon film, qui se visionne sans douleurs ni ennui, chose assez rare pour être spécifié.
Les survivants de la chute du centre commercial se retrouveront pour « The Day of the Dead » dans un ancien silo à missile des Everglades, pour un dernier huis clos étrange, entre scientifiques et militaires. Des trois lieux dans la trilogie, il est celui qui semble le plus sûr. La base militaire dispose d’un arsenal conséquent, d’une zone de sécurité étendue, et d’un ou plusieurs bunkers. Celle ci est par ailleurs doté de missiles nucléaires. Le lieu le plus sécurisé qui soit. Cependant, le danger ne sera plus extérieur, mais intérieur. Le serpent qui se glisse dans le jardin. Ce sont les dissensions internes qui causeront la perte de cette forteresse. C'est le plus politique des trois épisodes. Désormais il n'est pas question de la survie de l'individu - « Night of the Living Dead » -, du groupe - « Dawn of the dead » -, mais de l'espèce humaine toute entière, sous la menace d'une altérité sauvage. Et face à cette altérité, deux attitudes prévalent : celle plutôt Schmittienne des militaires, qui consiste à voir dans le zombie l'ennemi absolu remettant en cause la possibilité même de l'existence de l'homme, et celle des scientifiques, qui pose la question du zombi en tant qu'autre de l'homme. Le zombi a-t-il des sentiments, le zombi a-t-il une morale : en somme le zombi a-t-il une "âme", un compromis politique est il possible avec eux ? « Day of the Dead » rejoue la controverse de Valladolid, mais avec au casting des zombis, des militaires et des missiles nucléaires.
C'est la question SF classique des limites du libéralisme : peut-on envisager une démocratie où par exemple 50 % de la population serait constituée d'orcs, avec ce que cela suppose de différence culturelle, avec disons parmi eux 20 % de shamans disposant de pouvoirs télépathiques. Les elfes noirs sont-ils essentiellement maléfiques ? Peut établir un socle de valeurs communes entre les humains et des Arachnides de Klendathu ? Ces considérations peuvent paraître farfelues - la question du droit de vote des zombis - mais c'est pourtant exactement celle qui s'est posé avec la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb. Leurs vaisseaux spatiaux étaient de simples coquilles de bois, leur espace des océans, et les mondes et peuplades qu'ils découvrirent n'ont rien à envier aux aventures de l'Enterprise. Il est probable que les conquistadors découvrant les sacrifices aztèques usèrent alors d'un manque de mesure assez comparable aux comportements de certains militaires de « The Day of Dead ». Tandis que les débats sur l'existence de l'âme des indiens sont ici manoeuvrés par les scientifiques et leurs appareils de mesures ; des enregistreurs d'activité d'âme. Avec pour finalité la domestication du zombie. Le zombie demeure une bête rétive, impossible à domestiquer, plutôt agressive et dont l’extermination est un non-sens puisqu’il est déjà mort : son potentiel révolutionnaire est immense. Le film s’achève donc avant que la controverse ne puisse être tranchée, chacun des deux partis ayant été avant le terme du débat massacré. Les zombis finissent par pénétrer dans le complexe. Seul Sarah parvient à atteindre l’hélicoptère. Elle semble se réveiller ensuite sur une île tropicale, tout était un rêve, conclusion très étrange à laquelle il allait difficile de donner une suite direct.
Malheureusement par la suite la critique parvint à convaincre Roméro que ses films valaient avant tout par leur critique sociale. L’un devenant un plaidoyer contre le racisme, l’autre une condamnation de la société de consommation, le dernier une charge anti-militariste. Mais quel intérêt aurait ses films s’ils n’étaient que la mise en scène de théories abstraites ? C'est malheureusement réduire son oeuvre à des idées là où ses films sont la mises en scène de questions. Pragmatiques, sociales, morales et politiques. Paru en pleine période de revival Zombi en 2005, Land of Dead explore le versant critique sociale avec la finesse d'un Costa Gavras revenant d'un meeting de Stéphane Hessel. Il y a une société humaine, hiérarchisée, les riches, les pauvres, et ces différences de classes précipiteront la chute de la cité humaine. Dehors les zombies s'organisent eux-mêmes en société, et nous voyons alors Rome chutant sous les invasions barbares. Mais n'est pas Montesquieu qui veut : expliquer la chute de l'empire avec des zombis, un camion blindé et un héros mal torché est un peu court. « Land of the dead » devient une parodie de film politique, mais avec des zombies, et ne sera donc conseillé qu’aux plus pervers d’entre nous. L’idée de donner un sens au zombi semble quelque peu blasphématoire. Il est bien meilleur lorsqu’il se contente d’être contingent. Ceci dit, voilà un être capable d'encaisser tous les outrages, y compris celui de devenir symbole politique. Romero ne fut pas le premier à oeuvre dans ce sens, Abel Gance déjà. Abel Gance qui le premier a filmé le zombi, et ce zombi était déjà politique. Nous sommes en 1917, les gueules cassées allaient envahir les rues et les cafés. Ils leur manquent des morceaux, et leurs esprits semblent être restés hanter le champ de bataille. Et Abel Gance demande, la patrie était-elle digne de notre sacrifice ? Et des tranchées comme des tombeaux, des champs de bataille, charniers à ciel ouvert, les morts se relèvent et marchent en masse pour aller poser la question aux vivants. Dès l’origine, tel un ver dans le cadavre, la politique était dans le zombi.
Zombi 2 - Fulci
La politique, la critique sociale, tel n'est pas le domaine de Lucio Fulci, réalisateur italien dont la filmographie est un manifeste esthétique : Zombi Flesh Eaters aka Zombi 2, Gates of Hell, The House by the Cemetary. Pour comprendre l'esthétique de Lucio Fulci il faut avoir visité les églises marbrées d'or de Rome ou de Venise, et tout ce que ça peut dégueuler de bondieuseries. L'excès macabre du cinéma de Lulu en est la juste rétribution, une question d'équilibrage.
La maison près du cimetière. Un plan sur un cimetière, puis sur une maison, et enfin sur une superbe femme blonde les seins nues d'une blancheur angélique enfilant un chemisier transparent. Tout est dit, si vite, si bien. Elle avance dans un clair obscur caravegesque, elle cherche Steve, il ne répond pas. Steve ? Le voici maintenant, il a la tête toute rouge, comme si on lui avait retourné la peau de la face. Zoom sur un ciseau planté sur son coeur. Elle crie. Zoom sur son visage, au dessus d'elle il y a une main gangrené brandissant un couteau Hitchockien. Il s'abat sur son crâne, ressort par la bouche, nous sommes de profil. Elle s'effondre, le visage dans un raie de lumière. C'est macabre, baroque et esthétique.
"Les monstres sont-ils des enfants, ou les enfants sont-ils des monstres"
C'est par cette citation d'Henry James un peu incongrue dans le contexte que s'ouvre un générique à l'orgue vampirique. Le thème évoque un prélude de Bach, de ceux qui résonne d'autant mieux dans un château sinistre des Carpates. Bien vite l'Italie resurgit par une orchestration évoquant les meilleurs Lucio Battisti : c'est sentimentale et romantique, l'Italie des années 70.
Et pour ceux qui regrettaient déjà la magnifique blonde aux beaux seins assassinée dans les trois premières minutes, en voici une autre, encore plus belle, plus diaphane, en pleine discussion avec son fils, Bob, 5 ans, qui voit des fantômes dans les photographies. Il ne faut pas aller là bas dit-il. Mais si les adultes écoutaient les intuitions des innocents, il y aurait longtemps que le cinéma Z aurait disparu. Alors on va aller là bas, enquêter sur les expériences du Dr Freudstein - référence au satanique psychanalyste. C'est papa qui le dit. Papa barbu, col roulé vert et veste motif prince de galles, employé de la société historique du musée de New York. Ajoutons que la maison se trouve en Nouvelle Angleterre et vous avez là tous les ingrédients pour un Lovecraft à l'italienne.
Nous voyons la belle Lucy évoluer dans sa grande maison, en prise avec ses angoisses, la plus importante étant son fils mutique et devin. La chambre, la cuisine, le salon, le jardin avec sa vue sur cimetière, puis la cave bien entendu. Pourquoi la cave, toujours finir par aller à la cave.
Il sera toujours question d'immobilier dans « The Beyond », et dans l'immobilier ce qui est important c'est l'emplacement. D'où la nécessité d'éviter de construire sa maison sur un cimetière, ou sur une des sept portes de l'enfer, comme cet hôtel dont va hériter la jeune beauté fulcienne , blondeur et seins diaphanes. Livre de sorcellerie donnant lieu à péripéties absurdes comme autant de prétextes à des visions semblant tout droit sorti d'un recueil catholique sur le martyr des saints : crucifixion, énucléation oculaire etc... Et ce qu'il ne restera, des années plus tard, ne sera pas l'intrigue bien sûr, qui sont les fondations inutiles de ces rêveries aériennes, mais bien des tableaux surréalistes morbides, comme celui de cette femme roulant sur un pont suspendu dans le ciel, bientôt arrêtée par le couple étrange formé par cette femme aux yeux blancs et son chien, berger allemand "I've been looking for you". Le cinéma de Fulci est une ballade picturale structurée selon aucune logique déductive, celle que l’on attend de la narration en règle générale. Les évènements s’enchaînent sans cause, dans une brume irrationnelle propice à la rêverie et l’endormissement. Au réveil, nous pensons à des scènes et sommes incapables de les attribuer à tel ou tel film, elles semblent se tenir majestueuses et éternelles dans la nuit de notre mémoire.
Et donc Zombi 2, - le “e” a été barré pour des problèmes de copyright - connu aussi sous le nom de « l'Enfer des Zombis », ou encore de « Zombie Flesh Eaters ». Et vient poindre ici une difficulté qui perturbera la tâche de nos Bouvard et Pécuchet : tous ces films ont été exploités sous des noms très différents, selon que la filiation avec l'oeuvre de Roméro soit souhaitée ou non - ici faire croire que ce film est la suite du Zombie de Roméro, lui même autrement connu sous le nom de « Dawn of the Dead ». Film qui inspirera probablement les titre de « City of the living Dead », connu en France sous le nom de « Frayeurs », de « Gates of hell » ou encore « Twilight of the dead »...Au gré des modes, des distributions et des marchés, les jaquettes, les titres changent : le zombi de Fulci prenant milles visages, mais restant au fond de sa boîte parfaitement égal à lui même. Horreur et putréfaction.
Première scène de Zombi 2. Une vue de Manhattan, un bateau s'approche, à son bord une entité vindicatrice avec de gros problèmes de peau. C'est la mort qu'il apporte à New York, tout comme Nosferatu dans le célèbre film de Murnau l'apportait à Londres un siècle auparavant...
Murnau
La production horrifique de Murnau consiste en un seul film, mais qui restera comme la matrice indépassable de tout le cinéma de genre à venir. Mais on ne parlait pas encore en ces termes là à l'époque. Le cinéma était jeune, indifférencié, on pouvait tourner un film de vampires puis un film d'amour et un documentaire sur des polynésiens : tout surgissait d’un même magma originel. Puis une armée de Bouvard et Pécuchet s'empara du terrain : elle classifia, renomma, posa les tags qui conviennent, avant d'y apposer le tampon final : série A, série B.
De la même manière Nosferatu est un personnage indéfinissable : Nosferatu signifie créature de la nuit. Il vit dans un cercueil, tel un vampire, et propage la peste, tel une éprouvette de virus mutant échappée des mains d'un savant fou. Il lui arrivera même de se transformer en loup garou. Sa démarche, ainsi que son allure générale évoque davantage le style décomposé d'un zombi que la prestance d'un Dracula, même si l'oeuvre s'inspire directement de Bram Stoker.
1926, Murnau composait dans la même geste le premier film d'horreur et l'absolu du cinéma expressionniste allemand. L'heure est loin d'être à la crudité clinique des images, les gros plans sur les chairs transpercées. L'horreur au contraire se tapit dans l'ombre et les fumigènes, dans les replis du grain de l'image. Un regard, une posture de bras, une démarche, tels sont ici les ingrédients de l'épouvante. Le cadre s'évanouit dans l'ombre, l'oeil plissé jette un dernier regard sur ce qui ne doit pas être vu. L'horreur est muette et invisible. La créature approche ses dents du long cou gracile de sa jeune adorée. Elle crie, le vampire était en réalité une goule. Et son désir anthropophage une frénésie sexuelle. Vampire ou Zombi, ils mordent pour se reproduire, unissant comme dans les plus beaux poèmes romantiques allemandes la vie et la mort dans l’amour : ce sont des morts-vivants et ils ont faim de belles femmes.
Dans ce rapide tour des pièces nobles du film de genre, nous aurions pu évoquer Dario Argento, dont l'élément le plus réussi consiste dans la scène de la porte automatique - dans Suspiria (une porte qui coulisse de façon mécaniquement menaçante), ou bien sûr Cronenberg, Carpenter etc... Si le zombie était un boeuf, Argento en serait le chateaubriand. Une pièce noble et délicate, qui saura ravir les palais. Mais nos humbles amateurs auront vite soif de pièce un peu plus goutu... Pour cela il ne faut pas hésiter à rassir la viande, voir à en attendre la décomposition. Voici donc nos deux compères à la recherche de morceaux plus particuliers.
Zombi 3 - Fulci / Mattéi
Les producteurs de films de genre ont vite compris l'intérêt de classifier leurs productions selon des mots clefs plutôt que des titres ou des auteurs. Des franchises sont ainsi créés de toutes pièces, jouant sur l'ambiguïté des titres pour fabriquer des lignées montés de toutes pièces, selon le seul principe du marketing. Nous avons vu comment Dawn of Dead, peu explicite sous ce titre, était devenu Zombie, et comment Fulci prétendit en tourner la suite non officielle sous le titre de Zombi 2, non sans en avoir en cours de route modifié le script pour créer une sorte de connexion avec celui de Romero qui avait eut entre temps un gros succès en Italie.
Voici maintenant le moment d'aborder le rejeton malade de la lignée, « Zombie 3 ». Il ne s'agit plus seulement d'un film de zombi, mais d'un film devenu zombi.
Nous sommes en 88 et ça sent la fin de carrière pour Lucio Fulci. Ses belles années sont derrière lui et le voici parti vers les Philippines pour retenter le coup de « Zombi 2 ». Tourner une suite non officielle, et d'autant plus véridique donc, du « Zombie » de Roméro. Mais après avoir tourné environ les 3/4 du film, après avoir arraché nombre de pages du scénario qu'il jugeait trop difficile à mettre en scène, le voici malade, agonisant dans la jungle et finalement renonçant à tourner un film aussi mauvais. Et c'est alors qu'intervient Bruno Mattei, bien connu du milieu pour ses nombreux films de nazixploitation de femme en prisons #nazi #prison #women #lesbian, tel « SS Extermination Love Camp », pour tourner les scènes manquantes. Et nous avons alors un film cadavre, sans aucune cohérence, réanimé par un savant fou - Mattei donc - avec des scientifiques, des militaires philippins, un oiseau zombie et un brelan de mauvais acteurs. Et ce film composé de bouts de scène découpés et recousus en dépit du bon sens se prétend encore le rejeton de Lucio Fulci, qui ulcéré par le résultat, et probablement bien jauni par son hépatite, tentera en vain d'en récuser la paternité.
Bruno Mattei a probablement l'une des carrières les plus intéressantes du cinéma bis. Nous évoquions ses premiers films construit autour du thème des prisons de femme, auquel il ajouta un aspect politique - la dénonciation du sadisme nazi, pour le plus grand plaisir des fétichistes des femmes en bottes de cuir. Séances de spanking et fellations sur un remix des 4 saisons de Vivaldi sont au programme. Il faut ensuite parler de sa contribution à la série des Emmanuelle - « Emmanuelle Erotic's night », « Emmanuelle Porno Night » - et sans compter ses multiples suites navrantes des succès de l'époque - « Strike Commando » dans la lignée de « Rambo », « RoboWar » pour le flic d'acier que l'on connaît. Jamais il ne sera vu chez Bruno Mattei la moindre innovation, quelque soit le domaine : ce n'est pas un créateur, c'est un monteur de formation.
Le vrai Dr Frankenstein du cinéma bis c'est lui. Disons plutôt le Dr Freudstein de « La maison près du cimetière », qui parvenait à se maintenir en vie en prélevant des organes pour remplacer les siens devenus défaillant. Avec ses ciseaux il recoupe et des découpe tout ce qui lui passe entre les doigts, n'hésitant pas à piller les stocks footages les plus improbables pour tenir les 90 minutes réglementaires. A vrai dire, il n'a jamais rêvé d'apporter la moindre contribution au cinéma. Il est monteur comme son père, comme il aurait pu être boucher. Mais voilà, le réalisateur n'a pas assuré - en l'occurence ici Lucio Fulci - il manque 30 minutes dans le film, le scénario n'est pas complet, alors on fait appel à lui, simple monteur. Et comme on farcit un poulet il bourre le film de morceaux de documentaires animaliers. Le résultat ne sera pas plus cohérent qu'avant : mais sur 5 minutes, le spectateur n'y verra que du feu. Il aura presque l'impression de regarder un film.
Zombi 4 - Fragassi
Après l’échec relatif – mais que pouvait-on en espérer ? - de « Zombi 3 », le producteur Franco Gaudenzi confie au scénariste de Bruno Mattéi, Claudio Fragassi, la mission de récupérer ce qui peut l’être des décors et du matériel sur place pour en tourner une suite à bas budget, et tenter de sauver la mise. Dans le jargon de l’industrie agro alimentaire, on appelle ça l’Advanced Meat Recovery : les carcasses, la peau, les yeux, le gras, les abats, sont détachés des os par un aspirateur à viande pour former le “pink slime” dont on fait nuggets et hot dogs, après avoir été passé à l’ammoniac pour passer le goût de la bactérie. Voici « After Death ».
Nous sommes toujours dans la jungle, quelque part sur une île des Philippines. Dans les mêmes studios que Zombi 3. Un groupe de scientifiques armés tentent de mettre au point un vaccin contre la mort. L’essai clinique non randomisé sur une personne, la fille du sorcier vaudou local, est un échec. Il se venge en ouvrant une des portes de l’enfer, ce qui conduit à un massacre. Quelques plans plus tard, nous voyions une petite fille courir dans la jungle, tandis que sa mère lui crie “court, vas y, ne te retourne pas”. Son père quand à lui est dévoré par une horde de zombies. 20 ans plus tard, la revoici de retour sur l’île, accompagnée d’une bande de mercenaires, probablement pour faire la lumière sur ce traumatisme infantile. Ce film est une psychanalyse.
N’est-ce pas là l’expression cinématographique de la scène primitive cher à Freud ? N’a-t-elle pas surpris ses parents en plein commerce sexuel, ne sont-ils pas devenus comme possédés ? La transe vaudou, le corps exprimant toutes sortes de sécrétions horribles - bave, sang et autre. La peau arrachée, la chair dévorée. Zombi 4 donne à voir un inconscient dans la nudité de son interprétation technique. Les décors sont laids, le script indigent, les acteurs mauvais : bref, il ne reste que l'essentiel. Le zombi comme métaphore de la sexualité : la soif de chair, la prédation. Son insatiable désir de chair. Que faisait d’ailleurs les parents sur cette île des caraïbes ? Ne cherchait il pas à mettre au point un remède contre la mort elle-même ? C’est à dire à se reproduire ? Dans un bungalow d’un village vacances, une petite fille surprend ses parents baisant. Et cela prend les traits horribles d’une orgie zombi.
C’est bien un rêve qui ramène la jeune fille sur les lieux de la scène primitive. Elle est accompagné de mercenaires, plutôt viriles, ils remontent une rivière vers sa source, vers l’origine. D’horribles râles émanent de la jungle “comme dans (son) cauchemar”, le bateau tombe en panne, les voici accostant sur l’île, pour des vacances torrides. “Tu connais l’histoire du petit chaperon rouge” demande le barbu, tandis qu’il marche dans la forêt ? “As-tu vu le loup”.
Elle y rencontrera un charmant jeune homme, interprété par l’immense acteur Jeff Stryker, qui jusque là avait sévi en tant qu’étalon sur de très nombreux porno gay. Il promène son air hébété, tandis que le réalisateur explore l’idée de lui faire subir toutes les avanies physiques pouvant résulter de la promiscuité avec des zombis hostiles : souillures biologiques diverses, les vêtements qui se déchirent, laissant apparaître un torse glabre, musculeux et huileux, griffures et morsures, jusqu'à la transformation, avec maquillage verdâtre et moue à l'avenant. Il porte en permanence son énorme M16 bien calé sur le pelvis, tout en explorant ce monde éclairé au spot de chantier et embrumé au fumigène. "Raus hier !" semble-t-il dire après avoir sauvé la jeune femme des mains d'hostiles ayant pour l'occasion traversé un mur. Les voici désormais dans un cimetière, pour une sorte de bagarre à la Terence Hill et Bud Spencer. Les zombies sautent sur l'un et l'autre, plein d'enthousiasme, les coups volent, de loin on pourrait croire à une tentative de viol en réunion. La blonde et l'éphèbe musculeux assailli de vilains corps sombres aux pratiques répugnantes et perverses, " - Pourquoi as-tu de si grandes dents - C'est pour mieux te manger".
Après cette scène de viol collectif dans le cimetière, les voici se réveillant dans une forêt de conte de fée au petit matin, abasourdi, tels Tristan et Iseult après leur première nuit d’amour. Ce sentiment d'avoir été sali mais en même temps, contenté. Le plan d'après ils pénétreront dans une grotte, cette grotte vaudou originelle, maternelle ; vagin métaphorique. Là ils découvriront les traces d'un rite très ancien, tandis que le coeur de Jeff sera arraché sous ses yeux par un prêtre zombi surgit de derrière. Sa main fouille son thorax, entre et sort tandis que Jeff agonise en crachant du sang : une séance de fist sans retour. Le prêtre lui tire les cheveux en arrière, et souffle dans son cou. Pour une raison inexplicable nous voyons l'oeil de la jeune fille sortir de son orbite, sur le son d'une trépidante musique tribale barré d'un petit riff de synthé intergalactique. La voici vomissant du sang vert, tandis qu'en lettre rouges apparaît le générique : AFTER DEATH, et c'est très exactement là que mon DivX plante.
Qu'il y a-t-il After death ? Il y-a-t-il un post-générique, un bêtisier ? Nous ne le savons pas car le divx plante très exactement à ce moment là, toujours. Et nous en sommes réduit à spéculer. After Death ? N'est ce pas une question religieuse ? Et c'est ici que nous comprenons que ni le vocabulaire théologique, ni le langage psychanalytique ne peuvent nous aider à percer les secrets de la grand oeuvre de Fragassi. Car elle même est interrogation, elle même est l'expression sous la forme d'un langage métaphorique et cru des plus grands mystères.
Cru et le mot n'est pas utilisé à la légère : avez vous déjà vu un zombi cuire un humain avant de le manger ? Non, car il ne s'agit pas de nourriture, mais de sexualité. Remarquons qu'il n'existe pas de perversion sexuelle visant à avoir des rapports avec des personnes cuites. Car alors nous entrons dans le domaine du cannibalisme gastronomique, et ce ne sont plus les mêmes organes qui sont mis en jeu. Ceci constitue une fine introduction à « Zombi 6 », du bien aimé Joe d'Amato.
Un petit mot en passant sur Zombi 5 pour garder le fil, qui ne prit ce nom qu'après le succès surprise - malgré le déchaînement de la critique - de Zombi 4, et dont le vrai titre est « Ucceli Assassini aka Killing Birds ». Pas vraiment un film de zombi, même s’il y en a quelques uns, plutôt un remake du classique de Hitchcock.
Zombi 6 - Joe d’Amato
Si Zombi 4 était le rejeton dégénéré, assommé par la consanguinité, Zombi 6 est le bâtard de la famille. Il n'y avait plus grand chose à tirer d'histoires de zombis voodoo dans les jungles des Philippines, alors voici une histoire de sérial killer grec mort au sang capable de coaguler incroyablement rapidement. Où est le zombi est on alors en droit de se demander ? Et bien il n'y en a pas. Ne serait ce pas alors une usurpation d'héritage ? Un film de Bogey man qui se prétendrait de la lignée des Roméro et Fulci ? Hormis le fait qu'il est censé être déjà mort (mais alors pourquoi a-t-il le teint si frais ?). Ce n'est pas la seule captation d'héritage que tentera d'ailleurs ce brave D'Amato. Son film n'est-il pas aussi titré « The Grim Reaper 2 » ou encore « Anthrophagous 2 », dont il prétend être, entre autres, la suite non officielle ? Alors qu'il ne mange même pas ses victimes ? L'arnaque est totale. Ou absurde, car tel est son véritable nom.
« Absurd » est donc un film italien tourné en 1981, soit 7 ans avant Zombi 5 dont il est censé être la suite. Mais que cela soit absurde ne doit pas vous effrayer. Ensuite tout dépendra du titre sous lequel vous voyez l'oeuvre. Si c'est sous le nom de Zombi 6, ce qui impliquerait que vous êtes dans une humeur putréfectible, alors vous serez déçu de voir ce gros barbu au teint frais faire subir les pires avanies aux gens qu'il croise sur sa route. Si c'est sous le nom d'Anthropophagous 2, vous vous étonnerez qu’après avoir découpé en deux le crâne du gros chauve, il ne se jette pas sur la cervelle pour la dévorer.
Non, la seule façon d'être bien disposé par rapport à ce film, c'est d'en être renseigné sur la teneur dés le générique, en le voyant sous son vrai titre : « Absurde ».
Ce n'est pourtant pas si mal. Nous sommes encore à une période où même en Italie, même pour de l'horreur cheap, nous avons encore à faire à ce que l'on appelle "cinéma", avec ce que cela implique de rigueur professionnelle. Par la suite, et avec la multiplication des camescopes et des homes studios, on ne pourra pas en dire autant.
Professionnalisme des acteurs : ils sont là, ils jouent dans un registre horrifique pauvre, mais au moins il ne s'agit pas du réalisateur grimé d'un sac de jute avec deux trous pour les yeux et qui grogne. Car ça on finira par le voir.
Les décors ensuite : il y a un hôpital par exemple, avec des négatoscopes, des pieds à perfusion. Il ne s'agit pas d'un film de croquemitaine tourné dans un sous bois derrière une aire d'autoroute. Car ça aussi on va finir par le voir. Les costumes sont raccords, il y a même des accessoires : un plateau de chirurgie, ils portent des masques. Bref ils ne sont pas en basket et en short. Quand aux effets spéciaux gore, ils sont tout à fait acceptables : il y a des perceuses, une scie sauteuse donc. Des tripes qui sortent, du sang très foncé. On en est pas encore à remuer une boite de saucisses sauce tomate avec la main dans un cadavre en plastique. Car ça aussi on le verra ( ces allusions concernent toutes Violent Shit 1, nous y reviendrons).
Non, ce film est tout à fait acceptable sur le plan de la réalisation, il n'est pas pire que les petites comédies romantiques tournées en appartements ces dernières années. Il est peut être même un tout petit peu plus produit.
Nous découvrons la première scène. Un barbu et un prêtre - pour faire raccord avec l'ultime scène de « Zombi 4 » probablement - courent dans la forêt, peut être font ils un jogging. Ils ont l'air d'y être assez physiquement investi, heureusement on se dit que ce n'est que du cinéma - le jogging, cet horreur. Bientôt nous comprenons notre méprise : au terme de ce qui semble être pour le prêtre une épreuve d'effort - il se tient le coeur à plusieurs reprises - il finit par rattraper le barbu, qui est alors en train d'escalader une grille. Il le saisit par les pattes arrières et l'empale sur un grillage en fer forgé. Signalons que cette poursuite est constamment interrompu par des scènes se déroulant dans une maison bourgeoise, entre une femme et une petite fille alitée. Ainsi tandis que papa s'amuse avec un curé dans les sous-bois, la famille vit sa petite vie, autour de la table de petit déjeuner. La métaphore du vagabondage homosexuel est des plus troublante.
D'autant plus troublante lorsque ce barbu, parvient à atteindre la maison, malgré ses viscères à l'air : et c'est ainsi qu'il se présente à sa femme, dans cette bien fâcheuse posture. Nous repensons là à cette scène de « Paranoïd Park » de Gus van Sant, où un jeune - le héros - accompagne un garçon plus vieux derrière le skate park, pour aller se faire "un train", et qui par accident pousse un employé des chemins de fer sur les voies, ce qui a pour effet de le couper en deux. Et alors encore nous voyons les viscères de l'homme, ses secrets les plus intérieurs se répandre à la vue de tous. Il y avait alors aucune ambiguïté concernant le sens de cette scène - la découverte de l'homosexualité - et le sentiment de culpabilité qui en résultait, métaphoriquement présentée comme étant celle lié à un crime, ni plus ni moins.
Le barbu, après sa violente affaire dans les sous-bois sera néanmoins recousu à l'hôpital - ce qui suggère une étreinte brûlante et insuffisamment préparé -, à la suite de quoi il se plongera dans une odyssée violente, évoquant peut être la fureur qu'il a à devoir taire son homosexualité. Une sorte de coming out qui ne veut pas venir et se sublime en une série de meurtres plus ou moins cocasse. Je n'ai pas pris la peine de vérifier où nous emmenait cette métaphore, et pourquoi le barbu se retournait vers la famille qui l'avait initialement accueilli - et que nous pensons être la sienne. Toujours est-il qu'il sera éliminé, car son comportement déviant mettait sans aucun doute la structure familiale en péril. Nous sommes en Italie, pays catholique.
Zombi 7 - Joe d’Amato
Une plage grec, quelques voiliers, un sirtaki joué à l'orgue électronique, voici la non-suite de Zombi 6 : Anthropophagus 2. Toujours mené par le tandem Joe d'Amato - the infamous - accompagné de son scénariste acteur George Eastman, de son vrai nom Luigi Montefiori - zombi cannibale serial killer grec - ce film précède en fait « Zombi 6 », tout en en reprenant sa caractéristique principale : l'absurdité. Absurde comme un zombi à la mauvaise peau qui s'achève en dévorant ses propres tripes, absurde comme un lapin saignant sorti du faux-ventre d'une femme enceinte pour être dévoré par ce garçon qui a décidément une fringale étonnante, absurde comme le comportement de ces touristes américains en goguette. Pour achever cette série, il fallait bien que le zombi finisse par se dévorer lui même. La boucle est bouclée.
Rien de bien méchant cependant, si ce n'est à l'idée finalement dérangeante que c’est Georges Eastman qui a écrit ses propres scènes, et que nous pouvons ainsi l’imaginer se dire “ je vais me filmer en train de me mastiquer l'épiploon et ce sera la scène finale, ça sera comme un tableau de Goya". Quand à l'efficacité de l'ensemble, elle remplit parfaitement son office : désamorcer le malaise du spectateur dans une explosion d'hilarité finale, à la vue de la petite mine du croquemitaine, tellement affamé qu'il va jusqu'à se dévorer lui même. Et nous retrouvons cette fonction de la série B qui a été par la suite galvaudé par l'ironie, qui est la fonction même du rire comme apprentissage de la peur. Comme s'amuser à faire peur aux enfants en imitant le loup, où la stupéfaction initiale n'est que le marche pied vers l'hilarité. Ainsi, nous jouons à nous faire peur, faisons des blagues pour aborder l'horreur, et ce depuis le grand méchant loup dévorant la cervelle de Mère Grand, jusqu'à cette scène finale d' « Antropophagous ».
Mais il y a néanmoins une condition indispensable à cette fonction de la peur : il faut "jouer" le jeu. Georges Eastman joue parfaitement le jeu, Joe D'Amato pense vraiment tourner un film d'horreur, le film choquera vraiment, il sera même censuré. Ce n'est qu'à ces conditions que nous pourrons apprendre la peur et la domestiquer par l'hilarité, et ainsi apprécier cette scène finale d' « Anthropophagous ».
Ainsi s'achevait la première génération du film de zombie. Ils avaient la foi des pionniers, et le même goût pour le cannibalisme, jusqu’à entre-dévorer leurs films.
La deuxième génération était sur les rangs. Mais que restait-il à filmer après ces kilomètres de pellicule consacrés au trucidage de zombi ? La même chose, mais ironiquement.







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